La discrimination par le pinard

Une remarque sur le forum Cocyclics m’a amenée à une réalisation intéressante : les héroines de fantasy ne boivent quasiment pas d’alcool. Il en va de même des héroines de litt pop en général. Certes, il y en qui boivent « pour oublier » ou s’affirmer face aux mâles. En romance, elles reçoivent du champagne ou un autre vin prestigieux de la part de leur copain. Cependant, j'en connais peu qui ont une relation simple, juste pour le plaisir, avec les boissons fortes, sans connotation sociale ou pathologique. Pas de dégustation de vin, de cocktail ou même de bonne bouffe. Pas de descriptions gustatives ou olfactives (et dire que c’est les femmes qui font la cuisine et utilisent du parfum…). A la rigueur, du thé et du chocolat en romance. OK, comme la plupart des romans de fantasy nous viennent des pays anglo-saxons, il y a peut-être une différence culturelle quand il s'agit de nourriture, mais quand même (voir le début de « Magician » par Raymond Feist).

De façon plus générale, les héros masculins se débrouillent tout de même assez souvent pour profiter des petits plaisirs de l’existence entre deux quêtes. Dans un autre genre de litt pop, pensez à James Bond, ses cocktails, ses palaces et ses filles de rêve. Les héroines se retrouvent bien moins rarement en train d’apprécier quelque chose, voire quand ça leur arrive, c’est à leur corps défendant (genre, elles mettent une belle robe qui leur va et ça les angoisse). À tel point, que je me demande pourquoi. Serait-ce perçu comme particulièrement immoral pour une héroïne d’apprécier un verre d’un vin digne de ce nom ? Le mythe de la Cendrillon persécutée, misérable et dépressive persiste-t-il ?


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