Impressions de retour de lecture

Marilyn Monroe, 20th Century Fox
Marilyn Monroe, 20th Century Fox

Bonne année à toutes et à tous!

 

J'ai profité de la pause de Noël pour jeter un coup d'œil sur les retours de lecture et billets de blog divers que j'ai pu trouver sur La Machine de Léandre. J'avoue avoir été perplexe : même si la plupart d'entre eux étaient plutôt positifs (je reste optimiste !) on lui reprochait une chose et son contraire. Deux critiques en particulier m'ont perturbée. Elles ne tournaient pas autour de l'univers ou de l'intrigue, du style ou de la structure, mais du personnage principal.

1- L'héroïne tombe dans le cliché de la femme moche et intelligente

D'abord, je n'ai mentionne nulle part dans mon roman qu'elle était moche. Ce que j'ai précisé de son apparence physique, c'est qu'elle a les cheveux auburn, des taches de rousseurs, une verrue sur la tempe et qu'elle porte des lunettes. Si ça suffit pour vous rendre moche…

Peut-être que ce qui la rend moche aux yeux de certains lecteurs, c'est justement qu'elle soit intelligente ? Ou alors qu'elle porte des lunettes ? Il faut dire que jusqu'aux années 1980, les lunettes chez une femme, c'était presque rédhibitoire. Nombre de jeunes filles préféraient se cogner aux lampadaires plutôt que d'en porter. Marilyn Monroe, une grande myope, ce qui lui donnait son fameux regard évanescent, portait de grosses lunettes dans la vraie vie. Elle se paya quand même le luxe de jouer une jolie fille aux yeux de taupe qui essaye de se trouver un mari millionnaire, le tout sans ses lunettes : gags garantis ("Comment épouser un millionnaire").

 

2- L'héroïne aurait pu être plus canon et mieux habillée, par exemple avec un corset à taille de guêpe.

Vous avez quelque chose contre les protagonistes au physique moyen ? paradoxalement, nombre d'héroïnes de SFFF et même de romance se vantent lourdement de leur manque d'intérêt pour les froufrous ou s'habillent de façon "masculine". Alors ?

 

3- Il y avait trop de romance

Imaginez, sans modifier l'intrigue,  que Constance ait été un homme : le Professeur Constant Agdal. Il aurait rencontré une inventrice belle et vénéneuse appelée Léandra et une chercheuse blonde un peu simplette  du nom d'Hamilcarine. Ah oui, et un succube appelé Albertine (ça fait un peu proustien). Vous auriez toujours trouvé qu'il y avait trop de romance ou de sexe ?

 

4- Il n'y avait pas assez de romance.

Heu… Comment dire…

 

 

Bon, tout ça, m'amène à 2 conclusions :

 

1- Il y a bien deux poids, deux mesures suivant le sexe de votre personnage principal. J'ai comme dans l'idée que si Constance avait été un homme, il aurait eu le droit d'être myope ou avoir les dents de travers, être mal habillé, mal rasé et ne pas avoir pris de douche ou s'être brossé les dents depuis un mois. Il aurait aussi pu avoir autant de romance ou de non-romance que le permettait mon imagination.

 

 

2- Quand vous sortez des limites étroites des clichés en vogue, vous trouvez forcément des gens pour vous le reprocher. "Le client peut avoir une voiture de n'importe quelle couleur, du moment qu'elle est noire" (Henry Ford)…