La Machine de Léandre 2: la Meute

Encore un petit extrait des aventures de Constance Agdal, qui s'allongent à vue d’œil: je suis partie pour une trilogie!

 

La pauvre chercheuse accumule les problèmes: elle a "hérité" de Léandre une série d'objets magiques interdits qu'elle doit dissimuler de toute urgence. Elle pense avoir la solution...

 

...

Je sautai précipitamment à bas de l'ommnibus et me dirigeai vers le parapet qui longeait la rue. À une centaine de mètres, en contrebas, en bordure du Fleuve, se trouvait la Forêt des Ombres, le plus grand cimetière de la ville. Plus loin, en amont, un train passait en grondant sur le Pont des Forbans, loin au-dessus des miasmes de la Fourmilière. Derrière, les usines crachaient leur fumée et leur bruit dans un ciel qui se teintait imperceptiblement de rose.

J’empruntai le funiculaire et me retrouvai sur une esplanade devant l’entrée monumentale de la nécropole. Elle avait jadis été gardée par deux statues de bisons à tête d’homme, mais les adeptes de la Voie les avaient grossièrement retaillées en deux colonnes où persistait, ça et là des traces de stries représentant un pelage. Sur l’esplanade, de nombreux marchands vendaient des fleurs coupées ou en pot, des décorations funéraires et des rouleaux contenant des textes votifs. Je fis l’emplette d’un chrysanthème en pot et d’une petite pelle et passai les grilles pour me retrouver entre les arbres. Jadis, avant que les Déjoués ne décident d’enterrer leurs morts au lieu de les brûler, l’endroit avait été une forêt sacrée. Fort heureusement, ils n’avaient pas coupé tous les arbres. Je sentis presqu’immédiatement un aura de Pouvoir dont je n’avais pas gardé le souvenir. Mais je n'y étais pas venue depuis l'enterrement de mon père.

Le soleil filtrait entre les feuilles qui bruissaient sous le vent. Des mésanges appelaient quelque part. Par cette belle journée, l'endroit était plus mélancolique que sinistre. Chargée de mes achats, je passai les mausolées des nobles, prêtres et notables. On devinait sur les piedestals les restes des statues du Dieu Aveugle recouverts de lierre et de mousse. J’arrivai à la partie réservée aux citoyens ordinaires. Il y avait déjà là quelques personnes en visite. À ma gauche, un Interprète récitait des prières devant une famille éplorée. Un peu plus loin, se trouvait le carré des soldats où un croque-mort et ses aides descendaient plusieurs cercueils sous le regard de jeunes officiers qui me semblèrent un peu éméchés. Cela ne me surprit pas. Les funérailles militaires avaient gardé un reste du rituel d'avant la Voie, lorsque la cérémonie s'effectuait avec forces libations. Je commençais à être fatiguée à porter le pot et la pelle à bout de bras. Je franchis une autre grille et me retrouvai dans le cimetière des pauvres, payé par la ville. Là, point de monuments ni de dalles, de simples pierres ou des planches de bois marquaient les sépultures. Pas d'allées au carré non plus, cette partie ressemblait à un parc laissé à l'abandon.

Le carré des Tourmayens se trouvait tout au fond, au bord du Fleuve, dans une zone plantée de pins. Même morts, il était hors de question que les restes de leurs cadavres se mèlent par inadvertance à ceux des Déjoués. Ils considéraient ces derniers comme des individus à la foi tiède, au mieux et au pire, comme des apostats. Contrairement au reste du cimetière des pauvres, l'endroit était soigneusement entretenu, le nettoyage des lieux saints étant un moyen de se mettre sur la Voie. Des familles pique-niquaient entre les tombes, les femmes enveloppées dans leurs sempiternels châles multicolores, les hommes, surtout des vieux, dans leurs gilets brodés. Plusieurs me lancèrent un regard surpris et vaguement choqué, mais se détournèrent.

Je n’avais qu’un souvenir imprécis de la disposition des lieux, aussi mis-je un bon quart d’heure avant de localiser la tombe de mon père, entièrement recouverte de mousse et de liseron en fleur. Je posai mon fardeau et soufflai quelques minutes. J'aurais dû emporter une gourde d'eau. Mais autant se débarasser le plus vite possible de ma tâche. J'empoignai ma pelle et entrepris de creuser un petit trou à la tête de la tombe. Les rayons du soleil devenaient nettement obliques. Le cimetière fermait à la tombée de la nuit. Je tirai maladroitement la fleur avec sa motte de son pot, puis jetai un regard furtif alentour avant de sortir les objets interdits de ma poche. Je les jetai dans le trou, les recouvris d'un peu de terre puis plantai ma fleur par dessus. Je tassai le sol autour avec soin. On revenait toujours à sa famille quand il s’agissait de garder un secret.

Enfin, je poussai un soupir de satisfaction et m’assis sur l’herbe pour souffler. J’ôtai mes lunettes, entourai mes genoux de mes bras et fixai le vague, la tête vide, en phase simplement avec le vent, le soleil, l’odeur des pins et le brouhaha de la cité en arrière-fond. Si je ne voulais pas de souvenirs désagréables affleure à la surface de ma mémoire, je ne devais pas m’attarder. Un bruit inhabituel me fit lever les yeux, puis les écarquiller de surprise : une mouette de papier journal se posait devant moi. Encore mon mystérieux admirateur ? La feuille se déplia dans ma main. En travers des petites annonces d’appartement à louer ou des réclames pour du savon, était tracé d'une écriture familière :

Professeur, vous avez oublié votre réticule dans l'omnibus. Où voulez-vous que je vous le rapporte ?

Par l'Heptagone, j'accumulai les maladresses ! Mais je n’étais pas d’humeur à revoir Hamilcar. Cependant, comme je n'avais plus d'argent pour payer mon trajet retour, j’allais devoir rentrer à pied en traversant la partie Tourmayenne de la Fourmilière, puis le Pont des Forbans. Une promenade que j’aurais évitée en plein jour, mais le soir de la Nuit des Martyrs, les habitants respecteraient le confinement rituel et les règles de pureté encore plus strictement que d’habitude. Personne n’allait me chercher noise. Je scribouillai sur la feuille :

Rapportez-le moi demain soir à l’Opéra. 

Et je la repliai en murmurant la formule. Techniquement, je n'avais pas le droit de la prononcer car elle était désormais brevetée par les Messageries Éoliennes. Mais je n'étais pas à une entorse près au règlement. Hamilcar non plus, semblait-il. Cela me ramena brièvement au poème que j'avais reçu la veille : l'expéditeur était-il un employé des cette compagnie ? Ou alors, un sorcier qui connaissait les anciens sortilèges de cour triskélians, tout comme Hamilcar ? C’était une idée à creuser …

Pendant ce temps, les visiteurs se levaient pour rejoindre leurs maisons avant le coucher du soleil. J'entrevis une silhouette se détacher d’un groupe et venir vers moi en dandinant. Une autre la suivait. Au fur et à mesure de son approche, elle me parut familière. Je remontai mes lunettes. C’était Raban. Par l’Heptagone, il s’était bien empâté. Ses cheveux clairsemés étaient presque blancs. Son nez aplati avait dû être cassé et sur son visage, sa peau graisseuse était sillonnée de rides profondes. Il en émanait une odeur familière de sueur macérée. Vingt ans d’usine ne lui avaient pas réussi. Derrière lui se tenait un gamin au visage chafouin, les genoux cagneux qui devait avoir seize ou dix-sept ans. Alinard. Si j’avais épousé mon cousin, comme l'avait espéré mon père, il aurait été mon fils. Raban s’arrêta devant moi et nous nous fixâmes sans rien dire pendant de longs instants. Finalement il éructa :

— Par la Voie, j’ai cru avoir la berlue quand je t’ai vue.

Après près de quinze ans, mon tourmayen me revint sur la langue sans trop de difficulté :

— Ben non…

— Qu’est-ce que tu fous là ?

— Comme tu vois, je viens honorer la tombe de mon père…

— Habillée comme une pute ?

Mon costume professoral était encore trop osé pour lui.

— Tu as l’intention de me faire un discours, ou tu vas me laisser me recueillir en paix ?

Il y eut une autre pause. Malgré ses rodomontades, il devait être malade de curiosité. Il finit par lâcher :

— Qu’est-ce que tu deviens ?

— Toujours à la faculté.

— Toujours avec la magie ?

— Ouais.

— J’avais bien dit à ton père que les Ruines t’avaient souillée.

Je pensai brusquement aux notes de Léandre. Si quelqu’un avait pu lui parler de mon père, c’était justement Raban.

— T’aurais pas eu quelqu’un qui est venu te poser des questions sur lui, justement ? Peut-être il y a longtemps ?

Il roula des yeux :

— Ton père ? Certainement pas !

Il avait toujours été un très mauvais menteur.

— T’es sûr ? Peut-être que t’as oublié depuis ?

— Mais non ! Pourquoi veux-tu que qui que ce soit me pose des questions sur un minable pareil ?

Soudain, j’eus une idée.

— Mmm je sais que les temps sont durs, avec les licenciements dans les usines, tout ça... et puis c'est la Fête des Martyrs... j'étais prête à te donner un peu de fric au nom de la famille... Mais si toi, tu fais pas d'effort... 

Il vira à l’écarlate : je venais de lui rappeler que je gagnais vingt fois plus que lui.

— T'as du culot… Mais tu verras, quand les Gardiens reprendront Tourmayeur, ils nettoieront Déjoué et toute la Plaine ! Un grand lavage ! Les putes comme toi, au feu ! Et nous, on vivra comme des rois.

Je ne pus me retenir :

— T’y crois vraiment ? Que les Gardiens deviendront honnêtes ?

Ses yeux flamboyèrent.

— Ce sont pas les mêmes Gardiens. Les Nouveaux Gardiens, c’est autre choses. Ce sont des vrais, des purs. Ils ont vu la Voie ! Ils nous ramèneront à Elle !

Mais pourquoi poursuivais-je cette conversation ? Il était plus que temps de me mettre en route. Je me levai.

— Ben écoute, on verra.

— On verra ce qu’on verra !

— C’est ça. Tu vas être en retard.

Il fit volte-face et se hâta de rejoindre les derniers visiteurs avec son rejeton. Je haussai les épaules et allai cacher la pelle et le pot vide dans un buisson avant de me diriger à mon tour vers le Fleuve. Il roulait des vagues plombées, parsemées d’éclats métalliques à la lumière de plus en plus oblique du soleil. Y flottaient des papiers, de morceaux de bois et des débris indéfinissables. J’y aperçus même la carcasse d’un chien. Au loin, une flottille de barges, péniches sillonnait la surface liquide. Une nuée de brume jaunâtre en provenance des usines longeait les berges et n’allait pas tarder à s’insinuer dans les boyaux de la Fourmilière. Je hâtai le pas. J'en avais pour deux heures de marche. J’étais fatiguée et excédée. J’allais rentrer chez moi et noyer mes soucis dans un océan de thé. Je remontai la rive jusqu’à la sortie du cimetière qui s'ouvrait vers la Fourmilière. La partie réservée aux Tourmayens était strictement délimitée du reste par un chemin jonché d’ordures : la Rue de la Fange. Les gens n’aiment pas plus partager leur misère que leur mort. Tout comme du coté Déjoué, l’endroit était un amoncellement poisseux de masures sans fenêtres rongées d’humidité, régulièrement inondées lors des pluies du printemps. L'odeur, un mélange de pourriture, de poisson, d'urine et de déjections était insoutenable pour qui n’avait pas grandi dans la misère. Même moi, je découvris que j'en avais perdu l'habitude.

Le jour tombait. En respect des strictes prescriptions de la Voie, les rues étaient déjà vides, avec de loin en loin, un moignon de chandelle allumé devant une porte pour célébrer les Martyrs. Le brouillard montait de la rivière. Je réalisai que le nombre de masures s'était multiplié en vingt ans, brouillant mes repères. Aussi, je pris la direction générale du Pont des Forbans que je voyais s’élever à l'horizon. J’avançai ainsi pendant quelque temps, enjambant les immondices et contournant les flaques d'eau croupie dans les venelles désertes, tandis qu'à l'intérieur des maisons résonnaient les hymnes "Nous marchons vers Toi au sein des ténèbres…". Curieusement, je ne pouvais m’empêcher d’avoir une sorte de sentiment d’irréalité, l'impression étrange qu’il manquait quelque chose. Derrière les chants, résonnaient paisiblement les vagues du fleuve les moteurs des bateaux et leurs sirènes. Je ne les avais jamais perçus aussi distinctement que ce soir-là.

À une centaine de mètres du pont, je reconnus une vieille borne de pierre. Les garçons s’y rassemblaient jadis pour organiser des courses de chats et de rats. Je réalisai alors brutalement ce qui manquait. Je n’avais pas croisé un seul chien, un seul chat, un seul rat. On n’entendait pas le moindre pépiement d’oiseau, pas le moindre bourdonnement de mouche. C’était pour cela que j’entendais aussi bien les bruits du Fleuve. Du jamais vu. Je hâtai le pas. Il faisait presque entièrement sombre, sauf pour la lumière des chandelles qui ne s'étaient pas encore consumées. Je crus voir, à leur lueur, une silhouette massive bouger à l'ombre d'un mur. Je m'immobilisai. Y avait-il des voleurs, même en cette nuit sacrée ? Mais la silhouette ne bougea pas. Je finis par distinguer les contours d'un baril de métal cabossé que certains utilisaient pour récupérer l'eau de pluie. Je poussai un soupir de soulagement et repris mon chemin en tendant l'oreille.

Une forme claire ondoya sur ma gauche. Je sursautai violemment et plongeai ma main dans ma poche pour saisir mon petit pistolet. Juste avant de le braquer, je réalisai qu’il s’agissait d’un drap qui séchait et ondoyait sous la brise. Il était temps de rentrer. Je repris ma route. C’est alorsque je sentis la même onde de Pouvoir que j'avais perçue à l'entrée du cimetière. Étrange. Je pressai le pas, la bouche sèche, les mains moites. Mais au bout de cinquante mètres, je dus me rendre à l’évidence : l'onde devenait plus intense. Elle me suivait. Elle se rapprochait. J’accélérai. L’onde aussi. Sans ralentir, je scrutai la pénombre par-dessus mon épaule et faillis m’étaler sur quelque chose. Me rétablissant de justesse, je repartis, le cœur battant, le souffle court. L’onde se rapprochait encore. Ma main glissa de nouveau dans ma poche, pour tâter la crosse de nacre. Par le Septième Enfer, y avait-il quelqu’un avec un talisman qui me poursuivait ? Était-ce Rexart qui comptait me kidnapper comme l’avait fait Kostokratos ?

Je me mis à courir. J’appelai même au secours sans grand espoir. Les hymnes derrière les murs de planches s’étaient tus. Je n’entendais que le bruit de mes pas s’enfonçant dans la fange et les battements désordonnés de mon cœur. Aucune porte ne s’ouvrit. Les gens qui étaient dehors ici à cette heure l’étaient pour les mauvaises raisons. Personne ici n’allait quitter la sécurité de sa maison pour m’aider. La seule chose qui aurait pu faire sortir les habitants aurait été un incendie, mais je me voyais mal griller quelques personnes pour sauver ma peau.

Je butai une fois de plus sur des immondices. J’allais bientôt être hors d’haleine, incapable de me battre. Qui que ce fut, je devais l’affronter avant d’être totalement épuisée. Je fis demi-tour, mon arme à la main et attendis. Cela ne prit que quelques secondes. De la pénombre d’une venelle, émergea une forme sombre. A la lumière d’un lumignon, je distinguai une espèce de grand chien au long museau, aux yeux d’un jaune phosphorescent. Le regard était presque humain et terriblement malveillant. Pas celui d’un prédateur affamé. Celui d’un tortionnaire. Je ne connaissais aucune créature magique correspondant à cette description. Il s’avança lentement, comme pour savourer le plaisir de voir ma terreur. Un concert de hurlements éclata quelque part derrière lui et me glaça le sang encore davantage. Sans penser, j’appuyai sur la gâchette. L’animal poussa un hurlement de douleur et de surprise alors que du sang jaillissait de son poitrail. Il tituba et tomba sur le coté. Ah, les armes à feu pouvaient l’atteindre !

Immédiatement, je vis d’autres silhouettes à une cinquantaine de mètres. Des chiens. Ou peut-être des loups ? Toute une meute. Je n’avais plus que deux balles dans mon petit pistolet. Il fallait que je me mette hors d’atteinte. Je me rappelais trop bien des molosses des Gardiens. Je glissai mon arme dans ma poche, empoignai une planche qui dépassai du toît de la masure la plus proche, à dix centimètres au-dessus de ma tête et, en un immense effort, entrepris de me hisser sur le toit branlant, prenant appui avec mes pieds contre le mur. Une planche pourrie céda et je faillis coincer mon pied. Un cri de terreur résonna à l'intérieur. Je me libérai, mais m'empêtrai dans mes jupes. J'entendis un grondement, tout près. Avec une énergie dont je ne me serais pas crue capable, je me retrouvai à plat ventre sur le toit, les jambes en l'air. Quelque chose tira violemment sur mon jupon. L'une de ces sales bêtes avait dû attraper l'ourlet avec les dents. Avec l'énergie du désespoir, je me propulsai en avant. Le vêtement se déchira dans un craquement sonore. L’instant suivant, je me retrouvai debout sur la surface instable du toit, les genoux écorchés. Je ne pensais pas avoir gardé mon habileté pour l'escalade, mais cela semblait ne pas pouvoir s'oublier. Une demi-douzaine de ces créatures se rassemblaient au pied du mur, grondant, me fixant avec une haine incroyable. Qui étaient-ils ? Des démons ? Pourquoi m’en voulaient-ils ? Il me restait cinq balles. Elles échangèrent un regard en une concertation silencieuse. Finalement, l’une d’entre elles se recula, comme pour prendre de l’élan et sauta. Ses pattes griffèrent le rebord du toit, sans trouver de prise. Je tirai de nouveau. Elle bascula dans les airs et rebondit sur le sol. Il y eut une sorte de couinement sonore derrière elle et je vis une autre forme, gigantesque, féline, apparaître derrière la meute. Elle avait soulevé l’une des créatures par le cou et la lançait en l’air comme un chat aurait pu le faire d’une souris. Ses camarades se tournèrent vers ce nouveau prédateur avec des grondements furieux. Je n’y comprenais rien, mais c’était le moment de décamper. Cela ne coûterait rien à cette grosse bête de monter sur le toit où j'avais cherché refuge. Plus morte que vive, je glissai à terre de l’autre coté et pris mes jambes à mon cou.

 

Je ne m’arrêtai de courir qu’une fois sur le Pont des Forbans, où je m’écroulai, hors d’haleine au pied d’un bec de gaz, ignorant les regards des passants sur mes vêtements en désordre, mon chapeau de travers et mon chignon défait.

 

 

Écrire commentaire

Commentaires: 1
  • #1

    Liza (dimanche, 05 juillet 2020 16:32)

    Merci pour le partage, hâte de lire la suite des aventures de Constance <3