Folklore et Fantasy

Ce qui m'a donné cette idée, c'est cet article qui suggère que Le Seigneur des Anneaux a inspiré Harry Potter.

http://www.topito.com/top-harry-potter-seigneur-des-anneaux

C'est vrai qu'on ne peut s'empêcher de trouver quelque ressemblances troublantes entre certains éléments et une ambiance générale plutôt sombre. Le plus simple pour avoir la réponse est encore de demander à JK Rowling elle-même.

Cependant, il y a autre chose: Tolkien a puisé son inspiration dans les contes et légendes d'Europe que tous les gens de sa génération connaissaient plus ou moins, pour les avoir lus ou entendus dans leur enfance. Regardez par exemple cette liste de classiques pour enfants anglophones de la fin du 19ème siècle:

http://www.mainlesson.com/displaybooksbytitle.php

Au même moment en France, les contes et légendes étaient déjà dédaignés: signes d'obscurantisme religieux, de régionalisme, à une période où la République cherchait à s'affirmer, ils étaient perçus comme arriérés et "pas sérieux", À ce propos, Tolkien écrira un plaidoyer passionné pour les contes. Vous imaginez un prof français de l'époque faire de même?

Mais de nos jours, les enfants ne lisent plus de conte sou de légendes, mais des versions plus ou moins recyclées par des auteurs de fantasy. Du coup, quand deux auteurs ont simplement recours aux même éléments de ce "fond commun", les fans crient au plagiat. Les anneaux et bagues magiques rendant invisibles etc... pullulent dans le folklore mondial (l'anneau de Gygès, le sceau de Salomon). Idem pour les comparses et assistants surnaturels (le génie dans Aladin), les capes d'invisibilité, les vieux mages barbus, les arbres qui bougent (un concept oublié, vu le nombre d'arbres qu'on peut croiser dans une ville moderne) et bien sûr, les méchants très méchants.

Donc on se retrouve facilement avec plusieurs versions d'un même élément, exactement comme du temps de la transmission orale. Seulement voilà: cela passera-t-il à notre époque de copyright, de compétition, où les récits suivent une logique de marché et où chaque auteur insiste pour être original ?

Certains romans font très ouvertement référence à telle ou telle légende (genre Percy Jackson), d'autres le font de façon beaucoup plus subtile: dans Hunger Games, Suzanne Collins reprend le thème des enfants offerts en tribut. On ne retrouve pas seulement cette histoire dans la légende du Minotaure, mais dans d'autres et dans la réalité: regardez comment on choisissait les victimes pour les sacrifices humains dans les différentes cultures.

Il est heureux que ce folklore ait trouvé un moyen de se recycler en fantasy, car sinon, il moisirait au fond d'une bibliothèque. N'en déplaise aux puristes, que sauraient les enfants des mythes grecs sans Percy Jackson? Et le propre d'un conte n'est-il pas d'être sans cesse repris et redit avec une infinité de variations? Bref, les auteurs de SFFF sont les héritiers des bardes, scaldes et autres griots d'antan. Ça fait chic, dans un dîner mondain, non?

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