Uchronie: le paradoxe de la machine à laver

Lire la suite 0 commentaires

L'Imaginaire peut-il encore choquer?

Lire la suite

Sorcières associées II: l'Échiquier de jade

Lire la suite 0 commentaires

Spécial Halloween: histoire de la magie 1

Lire la suite 0 commentaires

Bâtir un univers de fantasy 4: le quotidien

Lire la suite 0 commentaires

Le Steampunk aux mille visages

Lire la suite 0 commentaires

Prochaines dédicaces

Lire la suite 0 commentaires

Les Méchants de fantasy et de littérature populaire

Lire la suite 0 commentaires

Téléchargez et lisez Personnes spéciales gratuitement jusqu'au 26 Septembre

Lire la suite 0 commentaires

Ma Cabane au Canada

Lire la suite 0 commentaires

La Pierre noire de Robert E. Howard (1931)

Lire la suite 0 commentaires

Sorcières associées II: l'échiquier de jade

Lire la suite 2 commentaires

Bâtir un univers de fantasy 3: la société où se passe votre histoire

Lire la suite 0 commentaires

Sorcières associées en format numérique en promotion à 0,99 euros du 14 au 16 Juillet

Lire la suite 0 commentaires

Personnes spéciales

Lire la suite 0 commentaires

Bâtir un univers de fantasy: 2 la population

Lire la suite 0 commentaires

Bâtir un univers de fantasy: 1 Généralités

Lire la suite 0 commentaires

Les Imaginales 2017

Lire la suite 0 commentaires

Comment sublimer les clichés

Lire la suite 0 commentaires

Salon fantastique de Paris

Lire la suite 0 commentaires

Les Futuriales D'Aulnay sous bois

Lire la suite 0 commentaires

Festival des Mondes Imaginaires de Montrouge

Lire la suite 0 commentaires

Calendrier des dédicaces

Lire la suite 0 commentaires

Cuisine et magie: le surnaturel au quotidien

Lire la suite 2 commentaires

Salon du livre de Paris

Lire la suite 0 commentaires

Foire aux livres de Bruxelles

Lire la suite 0 commentaires

Les Symboles en fantasy 2

Ernest Bieler, L'eau mystèrieuse
Ernest Bieler, L'eau mystèrieuse
Lire la suite 3 commentaires

Parler au lieu d'écrire

Lire la suite 0 commentaires

Comment écrire une description: descriptions visuelles

Lire la suite 0 commentaires

Considérations pour auteur de postapo: l'eau

Lire la suite 0 commentaires

Sorcières associées: sortie le 02 Février chez Actu SF

Lire la suite 4 commentaires

Le 4ème de couverture

Lire la suite 0 commentaires

La Newsletter de romansdefantasy.com

Lire la suite 0 commentaires

Architecte ou jardinier?

Lire la suite 0 commentaires

Le juste prix

Lire la suite 0 commentaires

Une affaire de style: Comment écrire une description?

Lire la suite 0 commentaires

Les Clichés cachés: urban fantasy

Lire la suite 3 commentaires

Les Sites qui proposent des ebooks gratuits

Lire la suite 0 commentaires

Test: fantasy ou romance?

Lire la suite 0 commentaires

Romance et politique

Lire la suite 1 commentaires

Autopubliés anglophones et marché de la fantasy français

Lire la suite 2 commentaires

Citrouilles maison

Lire la suite 0 commentaires

Spécial Halloween: fantômes et autres revenants

Lire la suite 0 commentaires

Sorcières associées, sortie prévue en Février 2017 chez ActuSF

Lire la suite 0 commentaires

Le Complexe de l'écrivain

Lire la suite 0 commentaires

Caractérisation 3: disputes et négociations

Lire la suite 0 commentaires

Intrigues tropes et clichés: la croisée des chemins

Le chevalier à la croisée des chemins, Victor Vasnetsov
Le chevalier à la croisée des chemins, Victor Vasnetsov
Lire la suite 0 commentaires

Les Clichés cachés: fantômes, spectres et revenants

Hamlet et le fantôme de son père, Eugène Delacroix
Hamlet et le fantôme de son père, Eugène Delacroix
Lire la suite 0 commentaires

Les Clichés cachés: les classes sociales

Peau d'âne de Jacques Demy
Peau d'âne de Jacques Demy
Lire la suite 2 commentaires

Une affaire de style

Lire la suite 0 commentaires

Pourquoi lit-on de la romance?

Flash Gordon d'Alex Raymond
Flash Gordon d'Alex Raymond
Lire la suite 1 commentaires

Comment avoir une magie cohérente?

Lire la suite 0 commentaires

Science et pseudoscience en SFFF

Lire la suite 0 commentaires

Petit test pour savoir si vous avez écrit un roman de Fantasy ou de romance

Lire la suite 0 commentaires

Petit test pour savoir si vous avez écrit un roman de fantasy ou une romance: les réponses

Lire la suite 8 commentaires

Ls Clichés cachés: post-apo et dystopies

Lire la suite 2 commentaires

Comment faire du neuf avec du vieux?

Lire la suite 0 commentaires

Autopubliés et petits éditeurs anglophones: une déferlante annoncée sur la marché français?

Lire la suite 0 commentaires

Caractérisation: les émotions et quoi d'autre?

Conan le barbare de John Milius
Conan le barbare de John Milius
Lire la suite 0 commentaires

Le Poids des mots

La bibliothèque idéale, Jean-François Rauzier
La bibliothèque idéale, Jean-François Rauzier
Lire la suite 0 commentaires

Caractérisation: "bagage émotionnel"

Lire la suite 0 commentaires

La Diversité et l'intégration en Fantasy: faites ce qu'on dit, pas ce qu'on fait

Plus de 80 ans séparent ces deux photos de films de SF, mais le physique des personnages, surtout du personnage féminin n'a pas changé
Plus de 80 ans séparent ces deux photos de films de SF, mais le physique des personnages, surtout du personnage féminin n'a pas changé
Lire la suite 7 commentaires

Le Succès des genres de l'imaginaire

Lire la suite 0 commentaires

Les Nouveaux pulps

Lire la suite 0 commentaires

La Science-fiction est-elle moribonde?

Lire la suite 6 commentaires

Le Parcours de l'héroïne

Judith, Benjamin Constant
Judith, Benjamin Constant
Lire la suite 2 commentaires

Les sites qui proposent des ebooks gratuits

Lire la suite 2 commentaires

Fantasy ou romance?

Lire la suite 0 commentaires

Les Scènes de sexe en Fantasy: travail préparatoire

On dirait que depuis que j'ai posté la première partie de cet article la fréquentation de mon blog a explosé. Comme quoi...

Désolée, je ne vais rien écrire de bien croustillant, mais pour la décence, je préviens que ce qui suit peut choquer les âmes sensibles.

Avant de planifier votre rédaction, assurez-vous déjà que le public que vous visez peut lire des scènes de sexe (donc pas les enfants...) et que l'éditeur que vous visez ne sera pas traumatisé non plus.

Comme d'habitude, il faut savoir comment votre scène va s'intègrer dans votre intrigue et dans votre monde. Bref, avant de suer sang et eau à écrire une scène de ce genre, vérifiez que vous en avez vraiment besoin. Est-elle là pour faire avancer l'intrigue? Caractèriser les personnages et leurs relations? Est-ce la meilleure façon de le faire? Au risque de rappeler une évidence, une scène torride ne signifie pas automatiquement que les persos sont follement amoureux.

Attention à ce que la scène s'intègre de façon cohérente, non seulement dans votre récit, mais dans l'univers que vous avez inventé. Si vous avez choisie une société monothéiste et judéo-chrétienne comme la notre, ce qui est souvent le cas en bitlit, c'est facile. Si vous avez choisi autre chose, c'est plus difficile et si vous avez choisi une société où le sexe a une importance particulière, genre "Kushiel's Dart" ou "Les dames du Lac", alors là, vous êtes maso (sans aucune allusion scabreuse).

Ensuite, allez lire un ou deux manuels d'éducation sexuelle basiques. Même si vous pensez être un expert. Et non, les films pornos ne comptent pas. Pour ceux qui se demandent pourquoi, je rappelle que ces films ne sont pas des documentaires, mais des oeuvres de fiction. Elles ont autant de similitudes avec la réalité qu'Astérix en a avec un vrai gaulois.

Avant de vous lancer dans des mises en scènes compliquées, imaginez ce que serait un rapport sexuel pour un citoyen ordinaire (genre marié, pas sexy, d'âge moyen, père de famille...) dans l'univers que vous avez créé.

Pour comprendre à quel point on peut-être noyé dans ses propres normes culturelles en tant qu'auteur, essayez d'expliquer pourquoi une scène de sexe dans votre ouvrage doit se réaliser:

1- entre des individus jeunes et beaux

2- précédé de baisers profonds et d'attouchements sur les seins s'il y a une femme

3- dans un lit

4- le soir ou la nuit

5- sans vêtements

6- sans contraception

7- en position couchée

8- dans la position du missionnaire

9- avec pénétration d'un orifice quelconque s'il y a un homme

10- dans l'isolement

Bref, je viens de décrire, à quelques variations près, la scène d'un film hollywoodien ou de romance et les standards de notre culture occidentale.

Bon, l'item1, on peut admettre qu'il s'intègre dans les canons habituels de la littérature populaire et ne sont pas propre à la fantasy.

L'item 2 est une coutume occidentale popularisée par Hollywood. Même en Occident, les baisers profonds ne sont entrés dans les moeurs qu'avec l'arrivée du dentifrice! Les Africains et les Chinois s'en sont complètement passés jusqu'à la fin du 20ème siècle, ça ne les a pas empêchés d'inventer des histoires romantiques comme tout le monde.

Idem pour les seins. Même en Europe, jusqu'à la Renaissance, ils étaient plutôt perçus comme destinés à l'alimentation des bébés. Pensez au nombre de représentations de la Vierge en train d'allaiter exhibées au vu de tout le monde dans les églises et autres. Etre obsédé par les seins (et surtout les gros seins!) aurait été perçu comme quelque peu immature pour un homme adulte.

Les items 3 et 4 sont également beaucoup moins évidents qu'ils n'en ont l'air. Dans nombre de cultures, soit les lits n'existaient pas (il fallait déballer une natte/tapis/matelas/hamac, le soir), soit ils étaient faits pour dormir, être au calme, voire accueillaient les jeunes enfants et donc, le pire endroit pour ce genre d'activité. Sans compter la possibilité d'offenser les statues des Ancêtres, des esprits domestiques etc... D'autre part, si vous êtes dans le noir, vous ne voyez pas ce que vous faites, donc à moins d'être dans une culture très pudibonde comme la notre, ce n'est pas si intéressant. D'habitude, vous communiquez avec vos semblables de telle façon qu'ils puissent vous voir, non?

L'item 5, n'est pas très logique non plus, si on y pense. Imaginez que vous soyez un paysan auvergnat au Moyen-Age en hiver (notez qu'à l'époque, les gens dormaient dans leur vêtements de jour ou leur sous-vêtements en hiver et nus en été) avec une température à 0 ou moins dans votre masure, vous prendriez la peine de vous déshabiller pour batifoler? Mais j'oubliais: le sexe, en fantasy, c'est l'apanage de la noblesse et des marginaux. Ne rêvez pas, il ne faisait pas très chaud non plus dans un château-fort... Enfin, que pense-t-on de la nudité dans votre culture et pourquoi?

L'item 6, dépend beaucoup de la culture que vous avez inventée. À partir du moment où les humains ont compris que du sperme dans un vagin était une condition nécessaire pour avoir un bébé, ils ont aussi compris comment ne pas en avoir ( quand on est arrivé au stade de l'élevage, en gros). Dans l'Antiquité, les rapports sans pénétration, les préservatifs (première mention chez les Egyptiens), les barrières et les décoctions spermicides diverses étaient connues du citoyen ordinaire. Certes, c'était loin d'être aussi efficace que les contraceptifs modernes, mais ce n'était pas du folklore non plus. Après, il y avait des considérations financières, sociales, culturelles etc... et rien ne vous empêche d'inventer les vôtres!

C'est avec le Christianisme que les choses changent. Ces techniques se perdent (tout comme bien d'autres connaissances scientifiques) ou ne restent connues que de rares privilégiés et les femmes, bien sûr, se doivent de les ignorer.

Mais dans votre univers de fantasy, qu'est-ce qui plonge vos persos dans une telle ignorance? Une guérisseuse ou un mage capables de ressusciter un mort, devraient arriver à concocter au moins un spermicide, non?

L'item 7 est lié à l'item 3. Et non, on n'a pas toujours jugé que couché était la position la plus adéquate pour cette activité (remarque: on pourrait en dire autant pour les positions prises pour certaines fonctions d'élimination, mais on sort de la fantasy). Si en plus, votre scène se passe en position du missionnaire sur une surface dure, voire froide, demandez-vous ce que le partenaire du dessous (une femme, la plupart du temps) va ressentir.

L'item 8, comme son nom l'indique, est lié au Christianisme.

L'item 9 comme faisant obligatoirement partie d'un rapport sexuel est également très lié à cette religion qui ne considérait comme "permissibles" que les rapports ayant pour but la procréation. Et non, tous les homosexuels ne pratiquaient pas la pénétration anale non plus, il y avait les rapports intercruraux: http://fr.wikipedia.org/wiki/Co%C3%AFt_intercrural

L'item 10 est assez relatif. Non seulement il dépend du niveau de répulsion suscité par les relations sexuelles dans votre univers, mais des conditions de vie. On a déjà beaucoup dit sur la promiscuité au Moyen-Age avec les familles dormant tous ensemble dans le même lit etc... Sans vouloir faire aussi réaliste, demandez-vous si vos amoureux peuvent réellement s'isoler, non seulement sur le plan visuel, mais sonore. Et s'ils vivent dans un village près d'une forêt infestée de trolls, serait-ce vraiment romantique (ou intelligent) de vouloir aller batifoler dans un bosquet?

Lire la suite 0 commentaires

La discrimination par le pinard

Lire la suite 0 commentaires

Les Clichés cachés: le mage/sorcier, troisième partie

Les deux spécialités qui suivent sont, comme les sages-femmes dans le monde réel, très fortement féminisées. Leur potentiel est aussi, àmha sous-utilisé pour développer des intrigues.

E- Les devins

C’est une spécialité à manier avec précaution, ce qu’ils annoncent va avoir beaucoup d’implications pour la cohérence de votre monde. Dans la vie réelle, les devins n'étaient considérés que comme des interprètes de la parole de divers dieux ou esprits. Dans la fantasy, où on a souvent oublié le mode de fonctionnement des religions, les devins se contentent de "voir", ce qui pose régulièrement des problèmes de cohérence

- S’ils voient strictement le futur, cela implique-t-il un destin immuable ? Et surtout, les visions n’ont-elles pas tendance à tomber juste à point, façon deux ex machina de l’information ? Votre devin voit-il n’importe quoi, y compris des événements qui se passeront dans mille ans ou qui concernent des gens inconnus de lui et qui habitent a des kilomètres de distance ? Ou alors, spécifiquement des événements qui concernent des gens qu’il connait ? Dans quelle mesure peut-il prévoir le futur d’un étranger qui vient le consulter ? Peut-il voir son propre futur ? Celui de ses proches ? Peut-il voir des choses qu’il aurait du mal à concevoir intellectuellement, du genre sa femme le tromper avec son copain ou un vaisseau alien arriver dans son village moyenâgeux ?

- S’ils voient « un des futurs possibles », êtes-vous sûr, pour paraphraser Shakespeare, qu’il y ait besoin d’un devin pour ça ? Un minimum de raisonnement ne suffirait-il pas ?

- S’ils voient le présent, ou le passé, même chose : s’agit-il événements qui leur sont géographiquement ou affectivement proches ?

Enfin, la plupart des devins qu’on voit en fantasy ne sont pas particulièrement futés. Ils sont là pour donner une info. Point. On ne s’attend pas à ce qu’ils prennent des mesures vis-à vis des événements qu’ils décrivent. Au contraire, chez nombre de vrais devins des sociétés traditionnelles il y a une certaine part d'"interprétation" dans ce qu'ils prédisent, quelle que soit la méthode de divination utilisée. En plus, on attend d'eux non seulement qu'ils vous livrent l'info brute, mais aussi qu'ils donnent des conseils, non mais!

F- Les guérisseurs

Il y a deux types de guérisseurs :

1- Ceux qui guérissent par un don spécial, psychique, religieux, l’imposition des mains etc… Il s’agit souvent d’une jeune fille un peu simplette qui devient la copine du héros et/ou trouve tragiquement la mort. Son don est souvent héréditaire (voir ici les problèmes des dons héréditaires ou autres). Si vous choisissez cette voie, faites en sorte qu’elle soit cohérente avec le reste. Je me rappelle avoir lu un ou deux pulps des années 50-70 où il y avait une lignée de vierges héréditaires dans un univers moyenâgeux (en plus elles perdaient leur don avec leur virginité). L'auteur n'avait pas jugé utile de fournir une explication sur leur mode de reproduction.

Il faut sérieusement réfléchir à l’étendue de ses pouvoirs : peut-elle faire repousser des membres façon Cian dans Lanfeust ? Ressusciter les morts ? A quoi peut ressembler le village où elle vit, alors ? Y a-t-il une longue queue de gens à sa porte ? A-t-elle encore le temps de conter fleurette à son héros ? Le général d’une armée ne l’a pas encore kidnappée pour réparer ses soldats blessés après chaque bataille ?

2- Ceux qui guérissent par les plantes. Il s’agit typiquement d’une matrone respectable, voire une vieille femme.

Il y a aussi le modèle mixte : la jeune fille un peu simplette qui guérit par les plantes, pour faire écolo, féministe et « réaliste », mais elle pose, justement, un gros problème de vraisemblance.

Dans la vie réelle, être un guérisseur traditionnel, prenait facilement 5 à 10 ans. Bref, une fois votre diplôme en poche, vous n’étiez déjà plus si jeune, donc effectivement, le modèle matrone est plus vraisemblable. Vous deviez typiquement apprendre par cœur des centaines de recettes, sans compter les symptômes des maladies, la description des plantes etc… au risque d’empoisonner vos patients. Attention, je ne parle pas de l’Europe du Moyen-Age, où le job était presque clandestin, voire passible du bûcher. Dans ces conditions, il n’y avait pas vraiment de formation reconnue, au fond, n’importe quel charlatan pouvait se prétendre guérisseur.

D’autre part, si la fonction de guérisseur a une forte connotation religieuse dans votre monde, il risque, comme le prêtre, d’être astreint à tellement de tabous et rituels que le job ne sera plus drôle du tout. Entre parenthèses, si vous collez des tabous à vos sorciers, il faut qu’ils soient en cohérence avec le système de pensée que vous avez instauré et pas complètement idiot aux yeux du lecteur moyen (cf. l’exemple des vierges héréditaires plus haut).

Si votre métier est de soigner les gens, vous vous retrouvez confronté non seulement à des aspects peu ragoutants du corps humain, mais aussi à la souffrance, la mort, les tensions familiales, les conflits… Bref, un job qui demande un minimum de maturité.

Et n’oubliez pas le plus intéressant : un guérisseur par les plantes en sait forcément un rayon sur les poisons. C’est le coté obscur…

Que ce soient les devins ou les guérisseurs, ils risquent d'avoir dans leur société, une énorme influence, surtout s'ils sont reconnus compétents dans leur job. De nombreux chefs de guerre ne partaient pas en expédition sans s'être assuré de l'"aval" du devin, sinon leurs hommes risquaient de s'enfuir à la première difficulté! Cet ascendant se voit rarement en fantasy, sauf pour les grads vieillards à barbe blanche façon Merlin.

Enfin, ces deux catégories de sorciers ne semblent aider, la plupart du temps, que les gentils. Les méchants, malgré leur fortune, leur pouvoir et leur charisme, soit n'en ont pas besoin, soit n'y pensent pas. Grossière erreur!

Lire la suite 0 commentaires

Les Scènes d'amour en Fantasy: introduction

Il y a relativement peu de scènes explicites en fantasy classique. Heureusement, car j’ai tendance à sauter ces passages à la lecture. Pourquoi ? Parce qu’ils me font presque toujours sortir de l'histoire. Imaginez : vous êtes plongé dans un univers dépaysant, incroyable, différent, et dès que vous tombez sur une scène de sexe, on dirait que les persos sont des petits bourgeois des années 70 ou des acteurs de film porno, sans imagination, de surcroit. De plus, la scène s’intègre rarement dans le récit. Elle tombe comme un cheveu sur la soupe. Vous avez l’impression qu’elle est là pour remplir un cahier des charges précis et faire vendre le livre, plutôt que pour apporter quelque chose à l’histoire. Surtout en fantasy américaine. Ce problème n’est pas spécifique à la fantasy. C’est aussi le cas de la plus grande partie de la littérature populaire et des romans historiques. La SF reste encore une exception (tout juste).

Les allusions sexuelles sont arrivées en fantasy avec le pulp. Le sexe, on le sait, fait vendre, d’autant plus que ces magazines visaient tout particulièrement les ados et YA mâles. Avec les années 60, les pulps sont devenus de plus en plus explicites avec des scènes qui ne sont pas sans rappeler les romances et bitlit modernes, comme dans l'inénarrable série "Blade".

Avec les années 60, les scènes explicites et les interrogations de l’époque entrent également dans la fantasy comme dans la SF et les autres genres littéraires. Les scènes cadrent bien avec l’histoire et reflètent parfois une vision féministe, comme dans les romans de Marion Zimmer Bradley ou Tanith Lee.

Mais dans les années 90, tout change. Àmha, le problème a été paradoxalement l’arrivée des femmes dans le lectorat de fantasy aux US et l’apparition d’auteures qui ont commencé à mêler fantasy et romance. Quel intérêt ? Là, il faut voir l’histoire de la romance : du milieu des années 70 à la fin des années 80, la vogue est aux « bodice rippers », des récits historiques avec des scènes de sexe qui dans la vie réelle seraient qualifiées de viols et des héroïnes virginales qui saignent des torrents d’hémoglobine (voir Kathleen Woodiwiss, par exemple). De même, pour les romances situées dans le monde moderne on a une héroïne toujours virginale confrontée à un héros dominateur. Les histoires de sheiks qui kidnappent de pauvres blondinettes occidentales font encore un tabac. C’était avant 2001… Bref, 50 Shades of Grey n'a strictement rien de révolutionnaire.

Cependant, au début des années 90, la nouvelle génération de lectrices de romance qui lit aussi de la fantasy est blasée. Les histoires de ce genre sont devenues des clichés éculés. Du coup, les héroïnes des romans qui se passent dans le monde réel deviennent un peu plus diplômées et un peu moins tartes. D’un autre coté, il y a encore un marché pour le fantasme du mâle dominateur. Alors comment concilier héros phallocrate et héroïne faible sans retomber dans le bodice ripper ? Les faire évoluer dans un univers totalement imaginaire ! De plus, on peut se permettre quelques originalités coté sexe (pas trop quand même), décor et intrigue. Ainsi sortent « Crystal Flame » et « Sweet Starfire » (1986) de Jayne Ann Krentz, puis l’inénarrable « Warrior’s Woman » (1990) de Johanna Lindsey. Et après, tout le monde suit. Du coup, depuis cette époque, le canon de la scène de sexe, s’est standardisé sur la romance, même chez des écrivains comme David Gemmell !

Enfin, une bonne partie de la bitlit est tout simplement de la romance déguisée, à commencer par "Twilight". Pourquoi ce glissement? Parce que ça fait moins nunuche pour une lectrice de dire qu'elle lit de la SFF que de dire qu'elle lit de la romance! Pour les scènes, on revient presque aux pulps machos des années 60-70, sans compter le pur porno. Confusion des genres? http://www.businessinsider.com/monster-porn-amazon-crackdown-sex-fantasy-bigfoot-2013-12

Comme je l’ai déjà dit au départ, malgré la quantité de scènes hot qu’on trouve dans certains récits, elles sont rarement originales. Le manuel d’éducation sexuelle pour couples mariés recommandé par ma paroisse serait sans doute plus croustillant, que ce soit pour les positions ou les explications techniques. À croire que les auteurs, ont mis un point d’honneur à NE PAS se documenter sur la question, surtout les américains.

Paradoxalement, le sexe en tant que symbole exprime rarement quelque chose de positif en fantasy. J’irais même jusqu'à dire en lit pop en général. Encore que je ne saurais donner un avis sur la littérature érotique, pour laquelle j’avoue humblement mon manque d’expérience ! Même en romance, les auteures prennent grand soin de minimiser son importance en insistant que ce qui compte, ce n’est pas le sexe, mais l’Amouour. Du coup, on se demande pourquoi elles ont pris la peine d’en mettre autant… Mais bon, c’est de la romance. Une première exception : le manga. Il doit y avoir une explication culturelle, sans doute, mais ça me dépasse. Une deuxième:la romance gay. Là, j’avoue que je n’ai pas d’explication claire. Une troisième exception: les romances vraiment anciennes genre Elinor Glyn ou Barbara Cartland. Vous l'auriez pas cru, hein? On dirait presque que moins c'est explicite, plus c'est positif. Ça demande une analyse psychanalytique en soi!

Alors si le sexe n’exprime pas quelque chose de positif, en lit pop moderne, qu’exprime-t-il? Bien souvent le danger. Des tartines ont été écrites sur Dracula et les vampires romantiques depuis « Twilight ». Dans nombre de romances modernes, l’héroïne passe encore beaucoup de temps à se demander si le héros ne va pas la violer (ou la manger en version vampire). Les autres significations symboliques sont, sans surprise, la confrontation et le rapport de force. Qui a dit "faites l'amour, pas la guerre"? En fantasy, c'est souvent la même chose.

 

Lire la suite 0 commentaires

Les Clichés cachés: le mage/sorcier deuxième partie

C- L’idéologie

Dans la vie réelle, les sorciers entretenaient toujours des rapports étroits avec une quelconque religion/idéologie. Souvent, ils étaient prêtres. Dans les religions chrétiennes, c’étaient simple, ils étaient à l’opposé. Les alchimistes cultivaient des visions philosophiques et religieuses complexes. C’est un aspect qu’on a tendance à oublier totalement dans notre monde moderne où on ne croit plus en rien, mais c’est capital pour la cohérence de votre récit : qu’est-ce les empêche d’utiliser leur pouvoir à mauvais escient, par exemple ? Pourquoi ne dominent-ils pas leur société ? Quelles sont leur vues sur la politique du moment ? S’en mèlent-ils volontiers ? On-t-ils au contraire des règles qui les empêchent de le faire ? Bref, quelle est la position de l'idéologie locale sur les sorciers et quelle est la positions des sorciers sur l'idéologie locale?

Attention si vous utilisez les termes de magie blanche et magie noire. Il va falloir les expliquer. Sûr, dans les années 80, on pouvait simplement parler du coté obscur de la Force, mais même chez Lucas, les persos sont capables d'osciller entre les 2. Avez-vous des définitions précises? C’est là que ça se complique. Si le coté obscur est le coté destructeur, est-il acceptable de l’utiliser pour détruire un méchant ? Pour permettre une renaissance ? Ben oui, la destruction fait partie du cycle de la vie, tout comme la construction dans de nombreuses cultures, alors il faut que quelqu’un fasse le sale boulot !

Comment perçoivent-ils leur supériorité et/ou leur différence ? Vivent-ils à part ? Ont-ils la même attitude vis-à-vis des problèmes de l’existence, genre la mort, que Mr Tout le Monde ? S’ils sont immortels ou dotés d’une longévité exceptionnelle, ont-il l’expérience qui va avec ? Sont-ils blasés ? Ou alors, ont-ils passé des siècles à vivre dans une tour d’ivoire ?

D- Les prêtres

Cette sous-catégorie de sorciers comporte àmha un peu plus de femmes que d’hommes. On oscille entre la « femme forte » et la vierge consacrée objet de fantasmes (voire l’inverse, façon Phèdre dans « Kushiel’s Dart »), suivant l’époque et le style de l’histoire. D’abord, il va falloir sérieusement définir votre religion, en plus de votre système de magie. Est-ce la même chose ou s’opposent-elles comme au Moyen-Age ? Quel degré de visibilité allez-vous attribuer à sa divinité ? Va-t-elle apparaitre physiquement ? A travers des visions ? Pas du tout ?

Ensuite, il va falloir encore une fois savoir comment votre prêtre en est arrivé là. Le sacerdoce est-il pour lui un job ou une vocation ? Est-ce une fonction héréditaire (ben oui, même chez les prêtres catho, le célibat n’est devenu un standard qu’au milieu du 11ème siècle) ? Forment-ils un groupe homogène ? Y a-t-il une hiérarchie ?

Enfin, un prêtre à tendance à respirer, manger, boire, dormir, bref, vivre en fonction de sa religion. Le choix de ses vêtements, son alimentation, son vocabulaire, son emploi du temps en dépendent, alors il va falloir y penser. Y-a-t-il des divergences théologiques ? Des savoirs interdits ? Que pense-t-il des choses qui ne collent pas avec sa religion ? Et y en-a-t-il dans votre monde ? A-t-il peur de la mort? Quels sont ses projets pour l'au-delà? Ça a de l'importance, parce que ça peut le motiver à risquer sa peau bien plus que n'importe quel perso de l'histoire, voire se sacrifier.
S'il part en quête avec son héros, qui va s'occuper de son temple/paroisse/feu sacré en son absence?

Lire la suite 0 commentaires

Les Clichés cachés: le mage/sorcier, première partie

Je comptais parler de plusieurs personnages, mais au fur et à mesure que j’écrivais, je me suis rendue compte que les mages en fantasy méritaient un chapitre, voire trois, à eux tous seuls. Je parlerai ici du mage "gentil", bien que beaucoup de choses s'appliquent aussi au mage « méchant ». C’est le perso le plus difficile à réussir car de par sa fonction, il nécessite une personnalité complexe. Il possède un énorme potentiel, rarement exploité.

Avant de vous lancer dans la fabrication d’un mage, vous devez d’abord définir clairement la façon dont la magie fonctionne dans votre univers, car cela conditionnera beaucoup de chose en ce qui concerne sa personnalité.

 

A- Les différents types de mage

 

La plupart appartiennent à l’un des deux modèles :

1- L’individu placé hors de la société: soit le marginal rejeté, soit, au mieux, un homme vivant à part et venant en « visiteur ». C’est l'image classique du vieux à la longue chevelure et à la barbe blanche, façon Gandalf (s’il est méchant, il peut se permettre d’être chauve et glabre, voire venir d’un pays exotique). Il est célibataire sans enfants, ni petits-enfants et semble très heureux de vivre en sa propre compagnie. S’il est bienveillant, ce mage est généralement un personnage secondaire qui aide le héros, bien que ses motivations ne soient pas toujours claires.

Remarque : les motivations des mages méchants ne sont pas toujours claires non plus, cf l’article sur les méchants ici http://merveilles1.over-blog.com/comment-faire-un-méchant-non-stéréotypé . De plus, si votre mage méchant est réellement intelligent, il doit réaliser qu’il va non seulement se retrouver confronté au gentil chevalier, mais a son copain mage. Et si le méchant est toujours intelligent, il doit savoir que le copain mage n’est pas un manche en sorcellerie. La preuve: il finit par gagner.

Question : quel genre d’individu serait heureux de vivre en marginal, sans famille et aider bénévolement un héros dans sa quête ? Qu’est-ce qui l’a poussé à ce choix de carrière ? Si vous voulez avoir un mage crédible, il va falloir répondre…

2- L’autre modèle est un individu socialement intégré, apprenti ou mage débutant, qui est souvent le héros lui-même, façon Harry Potter. Cela a non seulement des implications sur le mode de fonctionnement de la magie, mais aussi sur celui de la société que vous allez inventer. Combien y-a-t-il de sorciers/mages par rapport à la population générale ? Quel est leur rôle ? Est-ce un corps de métier courant, comme par exemple, les forgerons au Moyen-Age ou une élite rare ? Font-ils partie de la classe dirigeante ? Si la réponse à cette question est « non », on peut raisonnablement prédire que ce sera un métier très réglementé. Aucune société durable ne vous laissera faire des expériences d’alchimie potentiellement explosives ou conjurer des démons au beau milieu d’une zone habitée. Vous devrez passer des examens pour prouver que vous êtes minimalement compétent (il parait que même les druides en avaient), prouver que vous avez une bonne moralité, soumettre votre lieu de travail à des inspections régulières, voire… payer une taxe professionnelle. Là, c'est sûr, le job n’a plus rien de glamour.

Et ce n’est que le début. Il y a d’autres questions : quel est le revenu moyen d’un mage par rapport au reste de la population ? Comment combinent-ils famille et travail ? Etc…

 

Enfin, si le mage est de sexe féminin, elle se spécialise le plus souvent dans deux activités : la voyance et la guérison qui méritent un chapitre à eux tous seuls.

 

Pour ceux qui ont du mal à imaginer un mage en train de se plier à des contraintes aussi triviales, je répondrais que les sorciers traditionnels, dans les sociétés où il y en avait, devaient généralement passer par des années d'apprentissage (entre 5 et 10, bien souvent), se plier à toute une série de rituels quotidiens et surtout de tabous jusqu'à la fin de leurs jours. Non, en vrai comme en fantasy, sorcier, c'est un job où on ne rigole pas souvent.

B- Comment en sont-ils arrivés là ?

Il y a grossièrement trois façons de devenir mage, en fantasy :

- Avoir un don spécial

- Parvenir à maitriser son art après des études longues et ardues

- Les deux à la fois

Le don, obtenu à la naissance, qui est sensé vous éviter de donner trop d’explications sur la magie et les études est en fait une façon d’affaiblir considérablement la crédibilité de votre personnage: imaginez que vous ayez un don, genre, vous avez l’oreille musicale. Allez-vous forcément devenir musicien ou compositeur ? Peut-être que vos goûts personnels et l’ambition de votre famille vous poussent vers tout autre chose ? Alors pourquoi tous les individus de fantasy avec un "don" finissent-ils mage, comme Pug ? Les a-t-on prévenus au départ que c'était un job difficile et dangereux?

De plus, les mages sont généralement définis comme ayant un "caractère fort" (un autre cliché, mais c'est pour une autre fois). Alors, avec un tel caractère, accepterez-vous qu’on vous impose un choix de carrière quel qu’il soit ?

L'autre problème en fantasy est que ce don semble toujours échoir à un individu intelligent. Or, pour reprendre mon exemple de la vie réelle, un imbécile (quel que soit le sens que vous donniez à ce mot) peut parfaitement avoir l'oreille musicale. Alors existe-t'il des mages désespérément stupides? Je dirais oui, mais pas volontairement crées comme tels par leur auteur...

Et surtout, ce n’est pas tout d’avoir un don. Il faut généralement le combiner avec plusieurs autres pour avoir des résultats. Et même avec la bonne combinaison, il faudra trimer comme un fou pour apprendre son métier (demandez-donc à un musicien professionnel), donc renoncer à de nombreuses soirées entre copains. Quel genre d’individu acceptera une telle contrainte dès son jeune âge ? Oui, vous avez deviné: un qui ne rigole pas. Peut-être littéralement. Au mieux, il risque d’être un accro du boulot. Au pire, il sera franchement tordu.

Moralité: evitez les dons de naissance. Si vous voulez mettre un don, faites en sorte qu'ils soit obtenu d'une divinité ou autre instance supérieure.

 

Lire la suite 0 commentaires

Ecrire les scènes de combat en Fantasy: travail préparatoire

Premièrement, attendez-vous à écrire plusieurs version de votre scène, voire écrivez votre scène non seulement en plusieurs versions, mais de plusieurs points de vue, pour voir celle qui sera la meilleure.

Deuxièmement, demandez-vous pourquoi vous allez suer sang et eau pour écrire une scène de combat: va-t-elle faire avancer votre intrigue? Donner une info capitale? Ou assouvir vos fantasmes? Dans le même ordre d'idée, quels sont les enjeux? Est-une bagarre "rituelle" entre deux mâles? Du sport? Un combat à mort? Les enjeux ont-ils la même importance pour tous les protagonistes?

Troisièmement, renseignez-vous un minimum sur les techniques de combat, allez sur les forums, lisez sur les armes que vous comptez utiliser. Regardez les démonstrations sur Youtube, regardez vos films d'action préférés. Lisez les grands spécialistes du genre comme Gemmell, RA Salvatore ou Louis Lamour (c'est du Western, donc beaucoup de bagarres à coup de poings). Comment ça, c'est niveau cour de récré? Qui a dit que les bagarres, c'était intello?

Pensez à vos propres expériences de la violence SI ELLES NE VOUS TRAUMATISENT PAS.

Quatrièmement, vous allez devoir faire une série de choix:

- Votre scène va-t-elle être réaliste? Totalement irréaliste? Entre les 2?

- Allez-vous l'écrire sur un ton clinique, épique, imagé ou gore? Le ton va-t-il être différent du reste de votre roman?

- Allez-vous utiliser un point de vue interne à l'un des combattants, à un témoin, omniscient ou les alterner?

Cinquièmement, vous allez définir votre décor : large? Etroit (si le combat a lieu à l'épée, les protagonistes ont-ils la place pour dégainer?)? Obstacles? Eclairage? Sol accidenté, glissant ou autre?

Sixièmement, vous allez définir vos costumes: armures? Robe-fourreau et talons hauts?

Enfin septièmement, vous allez définir l'état d'esprit des combattants et leur motivations. Si c'est un mercenaire barbare, c'est peut-être son activité quotidienne et il sera plus relax que, disons un prince qui se bat essentiellement pour le sport, mais rarement pour défendre sa vie. De même, s'ils sont plusieurs à attaquer un individu, ils ne vont pas être aussi stressés que si c'est un duel. Une chose qu'on oublie très souvent dans les romans de fantasy, c'est les croyances en l'au-delà: si vous êtes un guerrier Viking et vous êtes sur que si vous êtes tué, vous allez directement vous assoir à la table d'Odin, vous serez plus prêt à prendre des risques que si vous êtes totalement athée.

Après toute cette préparation, on peut commencer à écrire la scène proprement dite!

Lire la suite 0 commentaires

Ecrire des scènes de combat en Fantasy: introduction

Jusqu'au 20 ème siècle et l'arrivée du cinéma, les descriptions détaillées des combats, duels et autres étaient rares. RE Howard était un fana de boxe (sport très à la mode aux US à l'époque) et F Leiber d'escrime, cependant, ni l'un ni l'autre n'ont jugé utile de faire des descriptions détaillées dans leurs romans. À l'époque, avant les cascades minutieuses et les effets numériques, voir les premiers films d'action de Douglas Fairbanks devait être quelque chose! J'ajoute que la plupart des spectateurs et lecteurs avaient au moins une vague idée de ce que c'était qu'un combat: les bagarres entre gamins étaient considérées comme normales et la plupart des hommes avaient eu, ou allaient avoir l'expérience d'une guerre mondiale. Après, avec l'arrivée du cinéma et de la BD, le roman a inclus nombre de bagarres diverses dans sa trame. Cela faisait même partie du cahier des charges de certains pulps (gangsters, espionnage...). Actuellement, il y a relativement peu de ce genre de scène en fantasy, àmha pour 4 raisons:

- les auteurs et le public s'est féminisé

- le genre est devenu un peu intello

- on préfère les sorciers aux guerriers

- Elles sont terriblement difficiles à écrire, d'autant plus que de nos jours, en Occident, on a quand même peu l'habitude de la castagne. Paradoxalement, la tendance est à un certain réalisme alors qu'au cinéma, c'est la surenchère.

Lire la suite 0 commentaires

Les arrière-grand-pères de la Fantasy

George Macdonald (1824-1905)

William Morris (1834-1896)

Eric Rucker Eddison (1882-1945)

Et surtout:

Edward Plunkett Lord Dunsany (1878-1957)

Et accesoirement:

Henry Ridder Haggard, Arthur Conan Doyle (OK, ils ne faisaient pas, techniquement, dans la fantasy mais ils ont inventé plein de thèmes qui vont y rentrer très vite, genre les civilisations perdues, les trésors et les artéfacts magiques).

Ces noms ne diront sans doute rien à la plupart des lecteurs francophones, ne serait-ce que parce qu’ils ont été peu été traduits en Français. Ils ont, pour certain un style précieux qui ne passe pas pour le lecteur moderne. C’est dommage car ils ont été une source d’inspiration pour les auteurs anglophones jusqu’à Neil Gaiman.

On dit qu’ils ont commencé à écrire en réaction au matérialisme ambiant du 19ème (dont nous, on est nostalgique dans le style steampunk, les gens ne sont jamais contents de ce qu’ils ont etc…). C’est vrai que à l’époque, on écrivait plutôt des romans sociaux, historiques, technologiques (genre Jules Vernes) ou coloniaux. Cependant, les britanniques n’ont jamais pu complètement oublier la part de rêve dans leur littérature depuis le romantisme. Le retour aux vielles légendes se fait dans d’autres styles (pensez à l’Or du Rhin de Wagner). En France, on est trop sérieux pour rêver. À la rigueur, on peut faire un peu de fantastique (Théophile Gauthier) mais des légendes... Il y a aussi des symbolistes, des poètes genre Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Leconte de Lisle. Bref, ça reste un peu en marge. À ce propos, je me suis toujours demandée si le fait que Baudelaire et Verlaine aient été belges et Leconte de Lisle réunionnais ne leur a pas ouvert des horizons, justement.

La plupart de ces écrivains sont riches ou "à l'aise" et très bien éduqués. Ils ont eu une vie bien remplie. Dunsany, Haggard et Doyle ont aussi beaucoup voyagé, voire vécu des aventures presque aussi trépidantes que celles de leurs héros. Contrairement aux clichés habituels, ce ne sont pas des gens qui rêvent dans leur bureau et marchent à «l’imagination pure ». Leurs mondes imaginaires reposent sur des expériences concrètes. D’ailleurs, Dunsany ou Macdonald ont un coté satirique ou humoristique où l’on sent bien le « vécu » des interactions humaines. Ils sont au courant des fouilles archéologiques. A lire certaines histoires, on peu presque s’imaginer déambuler au British Museum. Ils ne s’adressent pas au lecteur complètement ignare. Plutôt quelqu’un qui a le gout de la lecture et qui va au musée de temps en temps. Bref, une lecture d'intello!

Ils ramènent les vieilles légendes oubliées, « poussièreuses » au gout du jour. Ils ont ressortis de nombreux « prototypes » qui nous semblent désuets dans leur forme, mais ont été maintes fois repris depuis : si vous lisez l’anglais, allez lire l’histoire de la louve-garou de Macdonald (Grey Wolf). Et l’Epée de Welleran de Dunsany a déjà un petit coté Stormbringer. En passant, ils ont écrit beaucoup de nouvelles. Attention: elles ne correspondent pas forcément aux canons dont on nous rabat les oreilles, il n'y a pas forcément de "cheminement du héros" façon Hollywood et ça ne se termine pas toujours bien.

En plus, ils sont dans le domaine public !

A télécharger par exemple à :

http://manybooks.net/authors/dunsany.html

Lire la suite 0 commentaires

Où Trouver un canevas de récit un peu original 2?

Bon, là, je ne vais pas parler d'originalité, mais de très, très vieilles recettes. Du genre qui remontent littéralement à la nuit des temps. Si vous avez envie de répondre à un appel à texte fantasy, romance ou polar, mais vous êtes désespérément à court d'idée: les contes de fée. Je n'ai pas dit "cheminement du héros" style Hollywood, mais contes de fées. Si, si, si.

Prenez l'exemple de "Blanche Neige et les Sept Nains" et oubliez Disney. Après tout, c'est un conte traditionnel qui existait bien avant le dessin animé. Alors oubliez les lapins et les faons mignons, l'horrible reine et les nains rigolos. Déjà, la version que moi j'ai appris dans l'enfance ne comportait pas de nains. Ils étaient remplacés par sept chevaliers. Ça ouvre des perspectives, non? Et si vos nains ne sont pas des nains façon Disney, mais façon Tolkien, un peu comme dans "Blanche-Neige et le Chasseur"? d'ailleurs, ont-ils besoin d'être des nains ou d'être exactement sept? On-t-ils besoin d'être de sexe masculin, et en général, on-ils besoin d'être humains, ou capable d'agir? Et Blanche-Neige a-t-elle besoin d'être une fille, brune de surcroit?

En gros, la structure de l'histoire est: pour un motif X ou Y, un ou une héroïne jeune est vulnérable est victime d'une tentative d'assassinat par le méchant ou envoyée à sa mort dans un endroit hostile. Contre toute attente, il/elle survit (et acquiert des connaissance importantes dans le processus), voire reçoit une aide inattendue. Cette survie contre toute attente permet en plus d'accrocher un autre thème cher aux scénaristes hollywoodiens: la fausse mort/renaissance, comme la mort/résurrection biblique du Christ. Après, la suite diffère si votre personnage principal est un garçon ou une fille:

- si c'est un garçon, il revient typiquement reprendre la place qui lui a été usurpée et se venger. Exemple: le Comte de Monte-Christo et nombre de mystérieux étrangers de western. Il peut également trouver une nouvelle place dans l'endroit hostile, qui n'est finalement pas si hostile, à la réflexion ex: Dune de Franck Herbert (je sais, je simplifie un max...)

- si c'est une fille, pas de surprise, elle se fait bêtement pièger par le méchant et est sauvée in-extremis par son copain, façon Blanche-Neige, mais rien en vous empêche de lui faire faire quelque chose d'un peu plus compliqué, voire lui faire vivre les mêmes aventures qu'un garçon.

Lire la suite 0 commentaires

Ecrire des scènes de combat en Fantasy: quelques aspects

Lire la suite 2 commentaires

Non, les écrivains de langue anglaise ne sont pas tous américains!

Ça y est, j’ai encore discuté avec quelqu'un qui était convaincu que Terry Pratchett était américain. Désolée, non. Pas plus que JRR Tolkien, Neil Gaiman ou Joe Abercrombie.

Essayez d’aller sur les sites US ou UK de Amazon, et vous verrez le nombre d’auteurs de SFF qu’ils présentent. Sur le lot, seulement une poignée (généralement les meilleurs) sont traduits en français.

Du coup, je me permets mon grain de sel perso sur la différence entre les écrivains de fantasy british et US depuis ces 20 dernières années :

Les américains, à quelques exceptions, sont définitivement attachés au cheminement du héros (même quand c'est un antihéros, à priori), l’émotion et les relations entre les personnages. Leurs persos sont un poil bavards, même lorsqu’ils sont sensés être taciturnes. Ils pensent comme des individus modernes. Il est beaucoup question de traumas de l’enfance et des obsessions qu’on trouve dans le reste de la culture populaire US (religion, sexe, problèmes raciaux…). Il y a une vision encore assez positive de la violence dans les descriptions. Le style est facile à lire et assez homogène d'un écrivain à l'autre. Ça donne des histoires carrées, faciles à comprendre, sans prise de tête. Ça donne aussi parfois des scènes vraiment épiques, romantiques ou visuellement spectaculaires à vous couper le souffle.

Les Brits ont des intrigues plus baroques, pleines de références historiques, littéraires, ou cinématographiques (Pratchett en fait carrément un ressort de ses ouvrages). Ils ont un style moins lisse, moins facile à lire, plus individuel. De plus, ce sont souvent des fanas d’histoire. S’il y a la description d’une épée, vous pouvez être sûr qu’un modèle semblable a réellement existé. Comme dans leurs films, ils ont le goût du détail réaliste, voire gore : vous sentez les 20kg de la cotte de mailles sur vos épaules, vous savez réellement quel effet ça fait d’attendre la charge de milliers de cavaliers vociférants et à quoi ressemble un homme à qui on vient d'ouvrir le ventre d'un coup de hache. Les persos sont moins lisses, plus réalistes, voire franchement tordus. Les auteurs prennent le risque de surprendre ou déstabiliser le lecteur.

Les canadiens (Guy Gavriel Kay) et les australiens (Garth Nix) sont entre les deux.

Lire la suite 0 commentaires

Où Trouver un canevas de récit un peu original?

 

Avez-vous regardé quelques films "chinois" à grand spectacle sortis en Occident, genre "Tigre et Dragon" ou "le secret des poignards volants"? Est-il question du "cheminement du Héros" cher aux scénaristes US? D'ailleurs, y a-t-il un héros? Sort-il grandi de l'histoire?

S'il y a un héros, il a beaucoup moins de proéminence que dans un film hollywoodien. Et il sort parfois grandi de l'histoire, mais pas à l'occidentale. Les chinois n'hésitent pas à trucider le héros. Autre particularité: la fin est souvent ouverte. Cependant, ce sont des histoires bien construites, qui s'articulent bien.

Alors sur quoi reposent-elles? Sur une idée, voire une morale. Chaque personnage ou relation entre les personnages en développant un aspect.

- "Tigre et Dragon" sur la futilité des conventions sociales et l'ambition personnelle, versus les joies simples de l'existence, l'amour et l'amitié.

- "Le secret des poignards volants" sur les illusions et les faux semblants (surtout politiques)

- "La Cité interdite", mêle de nombreux thèmes, mais le principal est àmha, la famille, avec l'opposition entre la famille impériale, complètement dysfonctionnelle dès le début et l'image idéalisée que l'empereur veut montrer.

Comme il y a plusieurs persos qui déclinent l'idée ou les idées principales de façon différente, ça peut donner des histoire intéressantes et complexes. C'est aussi le genre d' histoire que j'essaye d'écrire avec plus ou moins de succès, alors je suis bien contente d'avoir trouvé un modèle un peu original.

Enfin, il faut lire, beaucoup et pas que de la SFF. C'est dur d'écrire sur la magie et une quête un peu originale, si vous n'avez jamais lu aucun bouquin de mythes, légendes, contes etc... De plus, je crains d'avoir à le dire tout net: ne lire que du français limite sérieusement vos sources d'inspiration. Encore une fois, les traductions de romans étrangers (et surtout anglo-saxons) ne représentent qu'une quantité infinitésimale des textes publiés dans le monde (y compris en anglais).. De plus, ils sont souvent mal traduits et ce ne sont pas toujours les meilleurs (c'est en particulier le cas d'un autre genre: la romance). Or, les auteurs "anciens" du style Lord Dunsany, rarement traduits en français et au style un peu vieillot inspirent toujours les écrivains anglophones modernes. Beaucoup de leurs canevas d'histoire viennent de romans populaires hors SFF. Exemple en SF: certains livres de la série Vorkosigan de Mac Masters Bujold et les romances ruritaniennes de la fin du 19ème siècle. C'est quoi une romance ruritanienne? On a un exemple français célèbre: Le sceptre d'Ottokar par Hergé. Bref, les idées n'apparaissent pas par magie. 

Lire la suite 0 commentaires

Les Clichés cachés, deuxième partie

Voilà, vous avez fait un roman avec un monde criant de réalisme, jusqu’au moindre détail. Vous le passez à un ami et il vous déclare après lecture que oui, c’est très bien, mais qu’il a une forte impression de déjà vu… Un peu comme quand vous lisez « Le trône de fer ».

Sans le faire exprès, vous avez quand même parsemé votre histoire de clichés. Ce n’est pas toujours facile de tracer la limite entre le cliché et le symbole. Alors encore quelques réflexions perso.

Les enfants

Le problème de l’enfant idéalisé dans la littérature a fait couler beaucoup d’encre.

Le plus délicat est d'avoir des enfants parlant et agissant en adéquation avec leur âge. Bon, vous n’en avez peut-être pas. Mais vous en avez été un. Alors, comment étiez-vous à 5 ans, 10 ou 15 ? Quelles étaient vos relations avec votre entourage ? Que saviez-vous faire ? Qu’est-ce que vous aimiez/détestiez ? Comment vous comportiez-vous ?

Pour le niveau de connaissances, ça dépend beaucoup de sa culture. Un petit paysan africain de 8 ans sera capable de faire un feu de bois et préparer le repas familial (PAS concourir pour la version locale de Masterchef), mais ne saura peut-être pas lire. Un petit français du même âge saura utiliser une gameboy comme un virtuose, mais sera incapable de cuire un œuf ou réchauffer une barquette au micro-onde. Bref, si votre héros est un enfant du Moyen-Age, il penchera plutôt du coté du petit africain, alors que s’il évolue dans une civilisation technologiquement avancée, il ressemblera plutôt au petit français.

Enfin, s’il vit dans un village façon Moyen-Age, il aura très tôt des notions de reproduction au moins par les animaux de la ferme, la mort, non seulement dans son entourage, mais celle des poulets, lapins, porcs etc… qu’on fait cuire. Il aura aussi une vague idée de ce qu’est un accouchement, surtout si c’est une fille qui doit assister ses parentes, voisines etc… dans ces circonstances. Bref, très différent de l’image idéalisée de l’enfant de la campagne façon Robert Jordan, David Eddings ou Raymond Feist qui, elle, fait plutôt début du 20ème siècle.

Pour la maturité, sachez que c’est une notion trèès relative (déjà, pour les adultes, ça se discute…). D’après mes vieux cours de psycho, on peut être quasi autonome dans la vie quotidienne vers 7 ans (« l’âge de raison ») et on a toutes les fonctions intellectuelles d’un adulte à… 12 ans. D’où l’âge de la majorité dans nombre de civilisations anciennes. Attention, les fonctions intellectuelles, ce n’est pas la même chose que la capacité de s’en servir de façon optimale (certains n'y arrivent jamais...) ou l’expérience !

Enfin, comme pour les femmes, donnez à votre gamin une force et une résistance en adéquation avec son âge et son milieu (à ce propos, je recommande le petit documentaire « sur les chemins de l’école » http://www.youtube.com/watch?v=jsyDtye0B7E).

Les animaux réels et imaginaires

Le problème le plus fréquent dans les histoires où le héros est humain est d'avoir des animaux qui ne parlent et n'agissent qu’en fonction de lui ou des humains en général. Ils sont des accessoires. Imaginez, par exemple un héros qui serait devenu copain avec un dragon. Le dragon, lui, a toujours une vie de dragon (du genre : trouver à manger, surveiller son territoire pour qu'un autre dragon ne le lui pique pas, se faire remarquer par la mignonne dragonne qui habite de l'autre coté de la montagne...). Bref, il doit jongler entre ses problèmes à lui et ceux que lui apporte son copain humain, voire accessoirement, sauver le monde. Dur, dur...

Il faut aussi éviter le problème inverse: un animal qui se comporte comme un être humain (encore plus dur).

Attention aussi aux vieux stéréotypes/symboles : le chat nonchalant, cruel, énigmatique, le chien fidèle etc... On ne peut pas complètement y échapper, mais n'en faites pas trop!

Enfin, non, les animaux n'ont pas un langage universel: un chien ne comprend pas une vache plus qu'un humain ! Simplement, un chien de ferme a beaucoup plus l’habitude des vaches et de leur comportement qu’un citadin en vacances !

Les autres races

On peut faire les mêmes remarques que pour les animaux : votre race est-elle là pour servir de décor ou pour elle-même ? Essayez ce petit test : http://www.springhole.net/writing/marysuerace.htm .

Pire, votre race est-elle une version cliché d’une civilisation humaine réelle ? Bref, que faisait-elle avant de rencontrer le héros ?

Lire la suite 0 commentaires

Les Clichés cachés, première partie

Certains clichés ne sont pas perçus comme tels par les auteurs et les lecteurs, mais le sont tout autant que les autres. De plus, en vous sentant obligé de les appliquer, vous privez votre histoire de développements intéressants.

Les femmes

Je passe les clichés sur les femmes faussement fortes ou faussement intelligentes et toujours féminines. J’ai lu le blog d’une auteure US qui expliquait qu’une femme, même une guerrière au cœur du combat allait se préoccuper de son apparence. Ma grand-mère courant sous les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale aurait bien rigolé.

Une chose qui échappe aux auteurs de romans est la force relative entre hommes et femmes : les femmes de fantasy sont beaucoup trop faibles physiquement et surtout se comportent comme telles. Passe qu’une princesse ne puisse rien soulever de plus lourd qu’un éventail. Mais sa servante ? Celle qui lui monte tous les soirs l’eau chaude de son bain dans son donjon ? Vous savez combien ça pèse deux seaux en bois de dix litres chacun ? Vous pourriez les monter d’un trait au quatrième étage à la fin de votre journée de travail ?

Dans la vraie vie, vous avez des femmes qui font quelques kilomètres tous les jours avec l’équivalent de ces seaux. Les paysannes pouvaient, suivant le pays, tirer une charrue, porter des sacs de grain, bêcher un champ entier à la houe, voire faire tout ça alors qu'elles étaient enceintes. Je ne parle même pas de celles qui travaillaient dans les mines au début du 19ème. Bref, la réaction d’une héroïne peut parfaitement être d’utiliser sa force, plutôt qu’attendre le prince charmant, y compris pour transporter un blessé, soulever un objet lourd, grimper, etc….

Ensuite, pensez au niveau d'entrainement de vos persos. Un employé de bureau français, adepte du canapé, n'aura ni la force, ni l'endurance d'une paysanne africaine! Dans le cas extrême des haltérophiles, pour des champions homme ou femme de poids égal, le poids soulevé record masculin est en général de 20% supérieur au poids féminin, pas dix fois supérieur!

Souvent, on voit dans les romans (et pas qu'en SFF) une femme porter 20kg de seaux d'eau, 20kg de lessive mouillée ou un gamin de 4-5 ans (à peu près 20kg), mais incapable de porter une valise du même poids. C'est le kilo de plumes et le kilo de plomb! Les premières infirmières portaient les blessés, genre Florence Nightingale, les exploratrices du 19ème siècle parcouraient le monde, les premières alpinistes genre Henriette d'Angeville escaladaient les montagnes avec des kilos de vêtements, des jupes et des corsets dont un homme n'aurait pas eu à s'encombrer. Ça ne les a pas empêché de faire leurs exploits!

Et pour le combat ? Aux dernières nouvelles, les armes anciennes étaient beaucoup moins lourdes qu'on ne le croyait (1,5kg pour une épée) donc parfaitement maniables pour une femme. Cependant, dans un combat physique, votre taille, la longueur de vos bras et de vos jambes est quand même un gros avantage. Si vous êtes petit, que vous soyez homme ou femme, vous devrez soit redoubler d’effort pour compenser ce handicap, soit utiliser des techniques de combat particulières (kung-fu et autres), soit utiliser la magie.

Dernière chose : le recours à la violence. On l’oublie souvent, mais dans nombre de sociétés traditionnelles, les femmes l’utilisaient à peine moins que les hommes. Simplement, si vous êtes minimalement intelligente, vous ne vous attaquerez pas en combat ouvert à quelqu’un de plus costaud que vous ou qui peut se livrer à des représailles physiques ou sociales (idem pour les hommes…). Donc, vous évitez de cogner votre mari ou votre belle-mère. Par contre, un enfant, un esclave ou votre belle-fille, sans problème. Les crêpages de chignon n'étaient pas rares dans les harems, ainsi que les accidents bizarres. Bref, votre héroïne n’hésitera pas une minute à frapper, griffer, mordre, poignarder, un(e) méchant(e) si elle en a la possibilité. Elle s'y mettra sérieusement et ne fera pas semblant comme dans ces films des années 50, où on la voit tapoter le méchant de coups de poings. Il peut en réchapper, mais aura vraiment mal et sera vraiment furieux, pas amusé. Inversement, il sera très conscient de ce risque et ne frappera pas non plus l'héroïne pour rigoler.

Surtout, les femmes n'avaient pas nécessairement besoin d'agresser physiquement la personne dont elles voulaient se débarrasser: comme c'étaient elles qui préparaient les repas, il leur était facile d'y glisser un poison! Pensez à tous les récits d'empoisonnement, réels ou imaginaires qui ont défrayé la chronique, dans les temps anciens. Certes, verser du cyanure dans le café du Prince Obscur, ça a moins de panache que l'affronter en combat singulier l'épée à la main, mais tuer, c'est tuer, non?

Enfin, l’héroïne est encore beaucoup trop définie par rapport à sa sexualité, ou plutôt son absence. Si, si, je l’ai encore vu dans deux romans de fantasy francophone récents dont je tairais le nom. Exemple typique : elle ne fait strictement rien de sexuel pendant toute l’histoire, vu qu’elle est occupée à combattre des monstres et autres démons, mais au début, il y a une scène où :

- soit elle repousse les avances d’un homme séduisant qu’on ne voit plus par la suite

- soit elle se retrouve en présence d'une « salope » sexy, qui drague tous les hommes, mais ne fait pas grand-chose d’autre dans l’intrigue

- soit elle est l’objet d’injures à caractère sexuel qui ne se répètent plus dans le reste de l'histoire

- soit les trois à la fois

Bref, l’auteur(e) se sent obligé(e) de montrer que c’est une femme correcte, pure, et virginale. Est-ce que ça a un impact quelconque sur le déroulement de l’histoire ? Combattrait-elle les dragons, monstres etc… si elle était une obsédée sexuelle ? Si la réponse est non, montrez-le. Au passage, ça soulève la question de ce qu’un héros masculin ferait dans la même situation. Si la réponse est oui, par pitié, enlevez ces scènes qui me font totalement sortir de l’histoire.

Pour ceux qui vont dire: « Si elle couche à gauche et à droite, elle va tomber enceinte », je réponds que dans les sociétés traditionnelles non chrétiennes il y avait des techniques de contraceptions assez efficaces et rien n'empêche d'y rajouter un peu de fantasy. Mais ce sera pour une autre fois.

Lire la suite 0 commentaires

Les Grand-parents de la Fantasy

ER Burroughs (1875-1950), A Merritt (1884-1943), RE Howard (1906-1936), F Leiber (1906-1992), J Vance (1916-2013), Leigh Brackett (1915-1978) et CL Moore (1911-1987)

Et accessoirement J London (1876-1916)

Vous noterez qu’ils ne sont pas tous de la même génération. Ce qui les rassemble, c’est la façon de traiter leur sujet. A l’exception de Howard et Leiber, ils n’ont jamais été qualifiés d’écrivains de fantasy de leur temps. En effet, l’action de leurs romans se situe généralement sur une autre planète (Mars, Vénus…), dans une autre dimension ou un lointain futur et était conforme à la pensée scientifique de l’époque, tout au moins pour ce qu’en savait le grand public. Certains ont aussi écrit de l'horreur ou du fantastique.

J London a écrit le Talon de Fer (qu’on qualifierait aujourd’hui de dystopie et étonnament moderne, avec ça), mais c’est surtout son roman d’aventures, le Vagabond des Etoiles où un homme revit ses précédentes réincarnations qui a influencé le genre, en particulier RE Howard.

Au début du siècle dernier, l’épicentre de la littérature populaire se déplace de l’autre coté de l’Atlantique. C’est l’âge des pulps. Vendus environs 10cts (environ 2,5 dollars modernes), ils offrent l’évasion dans diverses catégories (western, policier, SF, horreur, romance…). L’illustration de la couverture devient un élément de vente incontournable.

Contrairement aux Morris et Dunsany qui ont un job et pour qui l’écriture est un hobby, ces nouveaux auteurs sont des écrivains professionnels pour la plupart. Certains n’écrivent pas que des romans : Merritt était journaliste et Brackett était également célèbre comme scénariste (« Rio Bravo », « Le grand sommeil », certains disent même « L’empire contre-attaque »). Ils recherchent l’écriture « efficace », une construction au carré, des récits clairs.

Les thèmes abordés ont un coté « prolétaire » et concret totalement opposé à ceux des Morris et Dunsany qui s’apparentaient encore beaucoup au conte. Il y a une large inspiration d’autres genres : western, aventure, histoires de marin (genre oublié de nos jours), puis plus tard, policier, SF, fantastique, historique, BD, cinéma… et vice-versa.

- L’univers devient très concret. Il se retrouve rempli de détails de la vie quotidienne, on décrit une société, comme la cité de Newhon de Leiber ou le MArs de Brackett.

- La quête se retrouve jalonnée de multiples rebondissements comme dans le western ou le roman d’aventure

- Les héros ne sont pas de noble naissance pour la plupart, voire sont des exclus de leur société. L’homme sans nom ou sans étoile pointe le bout de son nez, comme dans le western. Ils ont un sens pratique très développé, ce sont des durs à cuire. Ils sont au moins autant en quête de leur propres intérêts que du bien commun. Les nobles quêtes deviennent plus concrètes. Ils sont souvent forcés de la réaliser à leur corps défendant. Leur psychologie s’épaissit : les oppositions et les conflits d’intérêt, les dilemmes commencent à faire leur apparition. Leur sens de l’étiquette et de l’honneur est basique. Pire, ils ont leur code d’honneur perso, qui n’a rien à voir avec celui de la société où ils évoluent. Même les méchants et les héroïnes gagnent en épaisseur. On sent venir l’idée de l’antihéros (Fafrd et le Souricier Gris) et du méchant pas si méchant, à la réfléxion (Ciaran dans le Peuple du talisman).

- Les nobles, les rois, voire les sorciers sont présentés comme des êtres humains normaux, avec leurs émotions et leurs problèmes, les rois en particulier, brillent souvent par leur incompétence et leur bassesse.

Contrairement au western, par exemple, la fantasy n’est pas encore concurrencée par le cinéma. Aussi, les auteurs ont tendance à insister sur le coté visuel de leurs histoires, créant de fabuleux mondes imaginaires, des héroïnes peu vêtues et des monstres hauts en couleur.

Cela leur permit de développer des styles particulièrement distinctifs, comme Leiber avec des descriptions chargées, et comiques, presque comme une parodie de Dunsany. Howard et Brackett, eux, ont un style épique.

Une mention spéciale pour ER Burroughs :

En France, il est surtout connu pour avoir écrit Tarzan, une série de romans totalement surannés pour un lecteur moderne. Par contre, il a écrit la série des aventures de John Carter sur la planète Mars (oui, celle qui a été adaptée par Disney). C’est vieillot et en style et en intrigue, mais c’est le prototype du roman de fantasy et de space-opera jusqu’à Star Wars et ses clones. C’est plein de rebondissements, de princesses peu vêtues (et pas trop tartes), de monstres, de technologie alien, de rebondissements… Bref, tous les futurs poncifs du genre.

Il exerça de nombreux métiers avant de se mettre à l'écriture. Il déclara par la suite que après avoir lu quelques pulps, il s'était dit que si des gens arrivaient à gagner de l'argent en écrivant aussi mal, il pouvait certainement faire autant et même mieux!

Nombre des œuvres de ces auteurs peuvent être trouvées sur Projet Gutenberg etc... en téléchargement libre.

Lire la suite 0 commentaires

Un Univers en 3D

Il y a des livres où l’intrigue pourrait être déplacée dans de nombreux décors sans être modifiée (Conan), il y a des intrigues qui reposent sur l’univers où elles se déroulent (Dune) et des romans où l’univers est carrément plus important que l’histoire (Terry Pratchett). Dans les trois cas, ça fait de très bons romans, le tout est de savoir gérer la situation.Vous pouvez parfaitement décider que votre univers n'aura pas une goutte de réalisme et relèvera totalement du conte. Dans ce cas, ce qui suit n'est pas pour vous!

Le gros problème quand on construit un univers qu'on veut réaliste est qu’on a tendance à y mettre simplement ses propres fantasmes et ignorer le reste. De plus, votre univers va être limité par vos connaissances. Si vous n’avez pas la moindre notion d’astronomie ou de distance entre les étoiles, difficile d’écrire un space-opéra, de nos jours. Idem pour parler de manipulations génétiques si vous n’avez pas la moindre idée de ce pour quoi code l’ADN. D’où l’importance de se documenter avant toute chose. J’ajoute qu’il est important de rester humble, surtout si quelqu’un vous dit que le concept de voyage spatial crucial pour votre histoire repose sur une énorme bêtise. On n’est plus dans les années 50.

La plupart des univers sont limités par ce à quoi les auteurs n’ont pas pensé. Soit que cela ne leur est vraiment pas venu à l’esprit, soit que cela ne les intéressait pas de développer. Enfin, la grande limitation est celle de notre propre culture : pensez au nombre d’univers futuristes où les gens pensent toujours comme des américains de la fin du 20ème siècle (aspect physique, nom, langue, mentalité…). Le plus drôle c’est de voir ces clichés anglosaxons émerger régulièrement chez des auteurs francophones !

Si vous sortez une idée, surtout une idée inhabituelle, développez-la jusqu’au bout, vous verrez que cela changera considérablement le reste de votre univers, voire de votre intrigue. Exemple : un monde désertique où les gens sont obsédés par l’eau. Un auteur lambda aurait décrit une civilisation de bédouins avec quelques gadgets. Dans Dune, Franck Herbert pousse l’idée jusqu’au bout : dans cette civilisation où l’eau est vitale, la moindre goutte sera recyclée, qu’elle vienne de l’urine, des faecès ou d’un cadavre. L’eau envahira les croyances et la manière de parler. En 1965 c’était totalement inattendu, bien que parfaitement cohérent avec l’histoire. Maintenant, Dune est un classique et les problèmes de recyclage sont dans la vie quotidienne.

C’est surtout vrai si vous insérez dans votre récit quelque chose qui relèvent franchement du fantasme. Exemple classique depuis les années 60 : une civilisation où le sexe est considéré comme une activité quotidienne banale comme une autre. Est-ce que les gens vont passer leur journée en parties de jambes en l’air ? Qui va s’occuper de l’intendance ? Y a-t-il une contraception ? Si non, que fait-on des enfants et des femmes enceintes ? Que font les vieux ? Les handicapés ? Les homosexuels ? Les moches ? Certaines pratiques sont-elles taboues (le nombre d’auteurs qui ne décrivent que les rapports hétérosexuels en position du missionnaire est affligeant) ? Cela s’inscrit-il dans une vision plus vaste (culte de la fertilité, rapprochement avec autrui, plaisir sexuel considéré comme une façon d’atteindre le divin…) ? Comment se fait le choix du ou des partenaires ? Y a-t-il un rang de préséance ? Les gens n’en ont-ils pas marre du sexe au bout d’un certain temps et l’abstinence est-elle le nouveau luxe ?

Même les idées « banales » ont besoin d’être surveillées au niveau de la cohérence : imaginez une culture où les gens sont très gentils, très soucieux de leur prochain et très serviables. Comment se règlent les conflits potentiels ? (si vous répondez « par la négociation », qui la conduit ? Est-ce toujours le même qui fait les plus grandes concessions ? Cela ne laisse-t-il pas une accumulation de petites rancœurs ?). N’ont-ils pas tendance à se mêler de ce qui ne les regarde pas, avec les meilleures intentions du monde ? N’ont-ils pas tendance à vous imposer leurs solutions « pour votre bien » ?

Non, je ne suis pas affreusement cynique. Ce que je veux signaler, c’est que l’aspect gentil et serviable de vos personnages vous permet de développer votre intrigue dans des directions auxquelles vous n’avez peut-être pas pensées.

Ce que les auteurs oublient le plus souvent :

- La bouffe (si vous avez une cité au milieu d’un désert hostile, il va falloir expliquer comment les gens arrivent à se nourrir)

- l’argent (ça a un peu d’importance dans notre monde, alors ça risque d’en avoir dans tout univers évolué avec des humains. Et s’il n’y en a pas, il faut expliquer comment marchent les échanges et les inégalités)

- les stéréotypes de notre univers qui viennent parasiter leur monde imaginaire

- la religion et surtout la vision de la mort et l’au-delà, s’il y a beaucoup de morts dans votre histoire : si vous croyez aller dans un endroit sympa après votre trépas, vous accepterez plus facilement de risquer votre peau.

- la famille (déjà, c’est le plus souvent la famille occidentale). Que font les vieux ? Les enfants ?

- le sexe, cf. plus haut

Bref, la vie quotidienne. Dans un univers où il y a 36 écrans 3D dans votre appartement, prendrez-vous encore la peine de sortir de chez vous pour aller au cinéma ? D’ailleurs, prendrez-vous encore la peine de vous déplacer hors de votre fauteuil ?

Faites une petite check list, façon manuel de géographie.

Et bien sûr, dans la période où nous sommes, si vous décrivez une société technologiquement avancée, il va falloir expliquer d’où elle tire son énergie.

Lire la suite 1 commentaires

Un Héros en 3D

On écrit souvent « construire un héros attachant » . Conan le Barbare ou Paul Atréides sont-ils attachants? Avez-vous besoin d’un héros attachant ? D’ailleurs, si vous vous focalisez dessus, vous allez attirer seulement un certain type de public, voire tomber dans le stéréotype. Si c’est votre objectif OK. Sinon, essayez plutôt de faire un personnage crédible et intéressant.

Motivation

Pourquoi un individu lambda irait-il risquer sa vie dans une quête difficile, dangereuse etc… ? Vous le feriez, vous ? Il vous faudrait une bonne raison ! Sinon, il vous faut un profil psychologique particulier. C’est là que beaucoup d’histoires coincent. Nombre d’auteurs règlent le problème en inventant :

- Un héros inconscient du danger,voire qui ne se sent vivre que lorsqu’il y a du danger genre James Bond

- Un héros vivant dans un monde déjà tellement dangereux que un risque de plus, un de moins…

- Un héros avec de fortes convictions, limite fanatisme

- Un héros qui a été élevé depuis son plus jeune âge pour cette quête. Il ne sait rien faire d’autre.

- Un héros qui a commis une énorme faute et veut la racheter

- Un héros suicidaire pour lequel la vie n’a plus d’intérêt

Sinon, il va falloir trouver une explication. Il y en a plein : sauver sa peau, sa famille, sa copine, il est le seul en position de sauver son monde grâce à un don spécial…

Personnalité

Le gros problème de beaucoup de héros est qu’ils n’ont pas de défauts. Tout au moins, pas de défauts volontairement choisis par l’auteur. Les lecteurs leur en trouvent, mais c’est souvent lié au changement d’époque et de perspective, d’où le développement de l’idée de la Mary-Sue, par exemple. Très souvent, il s’agit des défauts des qualités du personnage (exemple : fortes convictions morales et fanatisme).

Problème : dans la vie réelle et nombre d’autres genres littéraires, ce qui fait fonctionner les gens, c’est justement leurs contradictions, acceptées ou rejetées (exemple : l’individu en apparence ultra-conservateur qui fait campagne contre le liberté sexuelle mais en cachette, fréquente assiduement les prostituées voire commet des viols etc…). Cela donne des histoires beaucoup plus complexes et beaucoup plus de développements potentiels. Face à une situation donnée, le lecteur ne peut deviner comment le héros va réagir.

Bref, mettez des défauts et des qualités à vos héros et surtout développez-lès jusqu’au bout de leur logique : ce n’est pas assez de dire, par exemple que votre héros est trouillard. Il faut le montrer. Il faut montrer comment cela a influé sur son existence. Pourquoi il a acquis ce défaut. Et au fond, est-ce toujours un défaut ? Peut-être son coté trouillard le rend-il aussi prudent et capable d’élaborer des stratagèmes minimisant les risques, au lieu de foncer tête baissée ? Bref, vous ne jonglez pas avec des qualités ou des défauts, vous jonglez avec des traits de caractère qui peuvent être des avantages ou des handicaps, suivant la situation.

Ensuite, votre héros a des émotions. Arrive-t-il à toujours les contrôler ou lui arrive-t-il de se laisser dépasser ? Cela arrive-t-il souvent ? Attention, être dépassé par certaines émotions peut être perçu comme « socialement valorisant » suivant la culture et le point de vue. Exemple, la colère ou la trouille : le héros tue un voleur qu’il a surpris dans son poulailler. Suivant votre style d’histoire, ce sera une noble action, une victoire sur un méchant ou alors un geste totalement disproportionné qui mettra un aspect sombre sur le caractère du protagoniste.

Si vous poussez votre héros dans un comportement en conformité avec son caractère, vous verrez peut-être votre histoire se développer de manière inattendue et originale, très différente de la quête classique, voire de votre projet initial. Ce sera d'autant plus intéressant que le lecteur ne risque pas de deviner ce que votre personnage va faire à la page suivante!

De même, vous rendrez votre méchant beaucoup plus intéressant si vous lui donnez quelques qualités. Si, si, on peut. Par exemple, il peut être honnête. OK, il est méchant, mais au moins, il n’est pas hypocrite. Il assume sa méchanceté. De même, il peut être méchant pour le héros, mais très loyal vis-à-vis de ses propres alliés. Il paie ses troupes rubis sur l’ongle, il peut écouter d’une oreille attentive les malheurs d’un simple soldat et il est prêt à risquer sa vie et son empire pour libérer sa belle-mère, prisonnière du gentil. Ça le rend presque sympathique et très humain. Même les méchants ont une famille.

Physique

Désolé, il va au moins un petit peu influer sur sa personnalité, ne serait-ce que pour des raisons pratiques. Si vous êtes un grand costaud, vous risquez de résoudre physiquement les problèmes des travaux de force (quitte à attraper un mal de dos, à la longue) et ce, dès l’enfance. Alors que si vous êtes un petit gracile, vous allez vous dépêcher de découvrir l’effet de levier et la brouette. Idem pour les techniques de combat. En plus, si vous avez un univers moyenâgeux, il risque d'être socialement mieux vu d'être un grand costaud, capable d'abattre beaucoup de boulot/ennemis.

Je ne suis pas en train de dire que le grand costaud est un imbécile, je suis en train de dire qu’il risque d’avoir une approche différente de toute une série de problèmes jusqu’à ce qu’il ait atteint une certaine maturité. De même, un grand gars style Fafrd passe beaucoup plus difficilement inaperçu dans une foule (ou par une petite fenêtre) que le Souricier Gris.

De même, si vous avez un physique agréable, vous trouverez normal que les gens vous aident et les trouvez plus souvent gentils que si vous avez un physique passe-partout et avez à apprendre très vite les bases de la psychologie, voire de la manipulation.

Notez que je ne mentionne pas d’autres caractéristiques comme le sexe ou la couleur de peau, car cela dépend entièrement de l’univers que vous avez construit autour.

Enfin, si vous choisissez de faire un héros handicapé, alors là, vous avez la possibilité de faire un développement vraiment très intéressant.

Lire la suite 0 commentaires

De la Romance pour adultes?

Tout comme je me suis lancé le défi, il y a quelques mois, d'écrire une histoire de vampire (c'est l'une de chez l'Imaginarius http://limaginarius.wifeo.com/histoires-de-vampires-editions-de-l-imaginarius-avril-2013.php), je me suis fixé comme nouveau "challenge" d'écrire une romance. Et histoire de me compliquer l'existence, une romance gay.

Du coup, je suis allée en lire quelques échantillons, aussi bien de ce que l'on semble appeler aux pays anglo-saxons les "romances M/M" (écrites par des femmes et pour des femmes) que des "gay romance" (écrites par des hommes homosexuels pour des hommes homosexuels). Au passage, vous remarquerez que les histoires d'amour entre femmes, ça n'a pas l'air d'intéresser grand-monde.

Et ben, je ne peux dire qu'une chose: j'aimerais bien que les romances hétéros soient du même niveau. Peut-être même que je pourrais en lire. Oui, je sais, les romances, ça relève du fantasme, c'est très codifié, il ne faut pas y toucher et surtout pas en dire du mal, mais tout de même, pourquoi dans les romances gay, les deux protagonistes:

- Sont des adultes exerçant chacun un métier de façon compétente, prenant des décisions de façon autonome, sans être obsédés par : leur apparence, le qu'en dira-t-on (sauf préjugés anti-gays), et l'opinion de leur tante?

- Ont un niveau d'intelligence égal ou supérieur à la moyenne, voire de l'humour?

- Ont une psychologie crédible et non stéréotypée? (Oui, vous vous dites que dans la même situation, vous pourriez effectivement avoir la même réaction).

- Arrivent à vivre en célibataire sans se lamenter sur le fait de ne pas avoir de conjoint?

- Arrivent à raisonner de façon à peu près rationnelle en présence de l'objet de leur flamme?

- Ont des rapports de domination beaucoup plus subtils et complexes que dans les romances hétérosexuelles? (OK, il y a peut-être une section de romans sadomaso que j'ai zappée).

Bref, des histoire qu'un adulte peut lire. Les seules auteures de romance hétéro qui se rapprochent parfois de ce modèle sont Jayne Ann Krentz et Ilona Andrews et cela, dans des romans qui ne sont pas traduits en français, ce qui en dit long sur les goûts réels ou supposés des lectrices hexagonales en matière de romance...

Pourquoi une telle différence de traitement, alors qu'officiellement les hommes et les femmes sont "pareils"? Je suppose que c'est un genre qui n'a pas encore eu le temps de développer ses propres stéréotypes. Peut-être même que les auteurs, ayant eux-mêmes des idées très affirmées sur les "gay rights" ont mis un point d'honneur à représenter des personnages "comme tout le monde", voire qu'on trouve sympa.

Lire la suite 0 commentaires

Archétype, stéréotype, prototype et autres types

Lire la suite 0 commentaires

Une histoire de sous

En 1887, un jeune médecin généraliste britannique fraichement installé et en maque de patients, vendit au « Beeton’s Christmas Annual » ( un magasine « pulp » haut de gamme) une longue nouvelle intitulée « Une Etude en rouge » pour 25 livres. Initialement, le texte n'eut qu'un succès d'estime. Cette histoire m’a perturbé pour deux raison : d’une part, j’ai du mal à imaginer un généraliste britannique en mal de patients (tous ceux qui ont jamais mis les pieds dans la salle d’attente de l’un d’entre eux savent de quoi je parle). D’autre part, 25 livres de l’époque, c’est à peu près… 3000 euros de 2013. Pas mal, pour faire ses achats de Noel.

En 1924, un étudiant américain en quête de petits boulots, vendit une courte nouvelle intitulée « Spear and Fang » au pulp « Weird Tales ». Il fut payé 16 dollars, soit environs 800 dollars de 2013. Pas mal non plus comme argent de poche…

Bref, à l’époque, être écrivain de romans populaires n’était pas un choix de carrière complètement déraisonnable. Ce job nourrissait son homme. Je crois que dans les deux cas, Arthur Conan Doyle et Robert Erwin Howard abandonnèrent tous les droits sur leur œuvre aux magazines concernés, mais statistiquement, face au nombre de pulps et autres magazines publiés à l’époque, ni l’un ni l’autre n’auraient pu anticiper un tel succès commercial.

Tout ça, c’était avant la radio, le cinéma, la télévision, internet…

De nos jours, je ne vois que les écrivaines de romance de langue anglaise qui soient capable de vivre de leur plume sans écrire des bestsellers.

quelques idées de prix et du cout de la vie au cours de l'histoire:

http://www.thisismoney.co.uk/money/bills/article-1633409/Historic-inflation-calculator-value-money-changed-1900.html

http://projects.exeter.ac.uk/RDavies/arian/current/howmuch.html

Lire la suite 0 commentaires

Comment faire un méchant non stéréotypé?

La Bateille de Cesme, Ivan Aïvazovsky
La Bateille de Cesme, Ivan Aïvazovsky
Lire la suite 0 commentaires

Un univers en 3D: se documenter sur la technologie

Lire la suite 0 commentaires

Bâtir un univers de fantasy 4: le quotidien

Lire la suite 0 commentaires

Les Méchants de fantasy et de littérature populaire

Lire la suite 0 commentaires

Bâtir un univers de fantasy 3: la société où se passe votre histoire

Lire la suite 0 commentaires

Bâtir un univers de fantasy: 2 la population

Lire la suite 0 commentaires

Bâtir un univers de fantasy: 1 Généralités

Lire la suite 0 commentaires