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Les Scènes de sexe en Fantasy: travail préparatoire

On dirait que depuis que j'ai posté la première partie de cet article la fréquentation de mon blog a explosé. Comme quoi...

Désolée, je ne vais rien écrire de bien croustillant, mais pour la décence, je préviens que ce qui suit peut choquer les âmes sensibles.

Avant de planifier votre rédaction, assurez-vous déjà que le public que vous visez peut lire des scènes de sexe (donc pas les enfants...) et que l'éditeur que vous visez ne sera pas traumatisé non plus.

Comme d'habitude, il faut savoir comment votre scène va s'intègrer dans votre intrigue et dans votre monde. Bref, avant de suer sang et eau à écrire une scène de ce genre, vérifiez que vous en avez vraiment besoin. Est-elle là pour faire avancer l'intrigue? Caractèriser les personnages et leurs relations? Est-ce la meilleure façon de le faire? Au risque de rappeler une évidence, une scène torride ne signifie pas automatiquement que les persos sont follement amoureux.

Attention à ce que la scène s'intègre de façon cohérente, non seulement dans votre récit, mais dans l'univers que vous avez inventé. Si vous avez choisie une société monothéiste et judéo-chrétienne comme la notre, ce qui est souvent le cas en bitlit, c'est facile. Si vous avez choisi autre chose, c'est plus difficile et si vous avez choisi une société où le sexe a une importance particulière, genre "Kushiel's Dart" ou "Les dames du Lac", alors là, vous êtes maso (sans aucune allusion scabreuse).

Ensuite, allez lire un ou deux manuels d'éducation sexuelle basiques. Même si vous pensez être un expert. Et non, les films pornos ne comptent pas. Pour ceux qui se demandent pourquoi, je rappelle que ces films ne sont pas des documentaires, mais des oeuvres de fiction. Elles ont autant de similitudes avec la réalité qu'Astérix en a avec un vrai gaulois.

Avant de vous lancer dans des mises en scènes compliquées, imaginez ce que serait un rapport sexuel pour un citoyen ordinaire (genre marié, pas sexy, d'âge moyen, père de famille...) dans l'univers que vous avez créé.

Pour comprendre à quel point on peut-être noyé dans ses propres normes culturelles en tant qu'auteur, essayez d'expliquer pourquoi une scène de sexe dans votre ouvrage doit se réaliser:

1- entre des individus jeunes et beaux

2- précédé de baisers profonds et d'attouchements sur les seins s'il y a une femme

3- dans un lit

4- le soir ou la nuit

5- sans vêtements

6- sans contraception

7- en position couchée

8- dans la position du missionnaire

9- avec pénétration d'un orifice quelconque s'il y a un homme

10- dans l'isolement

Bref, je viens de décrire, à quelques variations près, la scène d'un film hollywoodien ou de romance et les standards de notre culture occidentale.

Bon, l'item1, on peut admettre qu'il s'intègre dans les canons habituels de la littérature populaire et ne sont pas propre à la fantasy.

L'item 2 est une coutume occidentale popularisée par Hollywood. Même en Occident, les baisers profonds ne sont entrés dans les moeurs qu'avec l'arrivée du dentifrice! Les Africains et les Chinois s'en sont complètement passés jusqu'à la fin du 20ème siècle, ça ne les a pas empêchés d'inventer des histoires romantiques comme tout le monde.

Idem pour les seins. Même en Europe, jusqu'à la Renaissance, ils étaient plutôt perçus comme destinés à l'alimentation des bébés. Pensez au nombre de représentations de la Vierge en train d'allaiter exhibées au vu de tout le monde dans les églises et autres. Etre obsédé par les seins (et surtout les gros seins!) aurait été perçu comme quelque peu immature pour un homme adulte.

Les items 3 et 4 sont également beaucoup moins évidents qu'ils n'en ont l'air. Dans nombre de cultures, soit les lits n'existaient pas (il fallait déballer une natte/tapis/matelas/hamac, le soir), soit ils étaient faits pour dormir, être au calme, voire accueillaient les jeunes enfants et donc, le pire endroit pour ce genre d'activité. Sans compter la possibilité d'offenser les statues des Ancêtres, des esprits domestiques etc... D'autre part, si vous êtes dans le noir, vous ne voyez pas ce que vous faites, donc à moins d'être dans une culture très pudibonde comme la notre, ce n'est pas si intéressant. D'habitude, vous communiquez avec vos semblables de telle façon qu'ils puissent vous voir, non?

L'item 5, n'est pas très logique non plus, si on y pense. Imaginez que vous soyez un paysan auvergnat au Moyen-Age en hiver (notez qu'à l'époque, les gens dormaient dans leur vêtements de jour ou leur sous-vêtements en hiver et nus en été) avec une température à 0 ou moins dans votre masure, vous prendriez la peine de vous déshabiller pour batifoler? Mais j'oubliais: le sexe, en fantasy, c'est l'apanage de la noblesse et des marginaux. Ne rêvez pas, il ne faisait pas très chaud non plus dans un château-fort... Enfin, que pense-t-on de la nudité dans votre culture et pourquoi?

L'item 6, dépend beaucoup de la culture que vous avez inventée. À partir du moment où les humains ont compris que du sperme dans un vagin était une condition nécessaire pour avoir un bébé, ils ont aussi compris comment ne pas en avoir ( quand on est arrivé au stade de l'élevage, en gros). Dans l'Antiquité, les rapports sans pénétration, les préservatifs (première mention chez les Egyptiens), les barrières et les décoctions spermicides diverses étaient connues du citoyen ordinaire. Certes, c'était loin d'être aussi efficace que les contraceptifs modernes, mais ce n'était pas du folklore non plus. Après, il y avait des considérations financières, sociales, culturelles etc... et rien ne vous empêche d'inventer les vôtres!

C'est avec le Christianisme que les choses changent. Ces techniques se perdent (tout comme bien d'autres connaissances scientifiques) ou ne restent connues que de rares privilégiés et les femmes, bien sûr, se doivent de les ignorer.

Mais dans votre univers de fantasy, qu'est-ce qui plonge vos persos dans une telle ignorance? Une guérisseuse ou un mage capables de ressusciter un mort, devraient arriver à concocter au moins un spermicide, non?

L'item 7 est lié à l'item 3. Et non, on n'a pas toujours jugé que couché était la position la plus adéquate pour cette activité (remarque: on pourrait en dire autant pour les positions prises pour certaines fonctions d'élimination, mais on sort de la fantasy). Si en plus, votre scène se passe en position du missionnaire sur une surface dure, voire froide, demandez-vous ce que le partenaire du dessous (une femme, la plupart du temps) va ressentir.

L'item 8, comme son nom l'indique, est lié au Christianisme.

L'item 9 comme faisant obligatoirement partie d'un rapport sexuel est également très lié à cette religion qui ne considérait comme "permissibles" que les rapports ayant pour but la procréation. Et non, tous les homosexuels ne pratiquaient pas la pénétration anale non plus, il y avait les rapports intercruraux: http://fr.wikipedia.org/wiki/Co%C3%AFt_intercrural

L'item 10 est assez relatif. Non seulement il dépend du niveau de répulsion suscité par les relations sexuelles dans votre univers, mais des conditions de vie. On a déjà beaucoup dit sur la promiscuité au Moyen-Age avec les familles dormant tous ensemble dans le même lit etc... Sans vouloir faire aussi réaliste, demandez-vous si vos amoureux peuvent réellement s'isoler, non seulement sur le plan visuel, mais sonore. Et s'ils vivent dans un village près d'une forêt infestée de trolls, serait-ce vraiment romantique (ou intelligent) de vouloir aller batifoler dans un bosquet?

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La discrimination par le pinard

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Les Clichés cachés: le mage/sorcier, troisième partie

Les deux spécialités qui suivent sont, comme les sages-femmes dans le monde réel, très fortement féminisées. Leur potentiel est aussi, àmha sous-utilisé pour développer des intrigues.

E- Les devins

C’est une spécialité à manier avec précaution, ce qu’ils annoncent va avoir beaucoup d’implications pour la cohérence de votre monde. Dans la vie réelle, les devins n'étaient considérés que comme des interprètes de la parole de divers dieux ou esprits. Dans la fantasy, où on a souvent oublié le mode de fonctionnement des religions, les devins se contentent de "voir", ce qui pose régulièrement des problèmes de cohérence

- S’ils voient strictement le futur, cela implique-t-il un destin immuable ? Et surtout, les visions n’ont-elles pas tendance à tomber juste à point, façon deux ex machina de l’information ? Votre devin voit-il n’importe quoi, y compris des événements qui se passeront dans mille ans ou qui concernent des gens inconnus de lui et qui habitent a des kilomètres de distance ? Ou alors, spécifiquement des événements qui concernent des gens qu’il connait ? Dans quelle mesure peut-il prévoir le futur d’un étranger qui vient le consulter ? Peut-il voir son propre futur ? Celui de ses proches ? Peut-il voir des choses qu’il aurait du mal à concevoir intellectuellement, du genre sa femme le tromper avec son copain ou un vaisseau alien arriver dans son village moyenâgeux ?

- S’ils voient « un des futurs possibles », êtes-vous sûr, pour paraphraser Shakespeare, qu’il y ait besoin d’un devin pour ça ? Un minimum de raisonnement ne suffirait-il pas ?

- S’ils voient le présent, ou le passé, même chose : s’agit-il événements qui leur sont géographiquement ou affectivement proches ?

Enfin, la plupart des devins qu’on voit en fantasy ne sont pas particulièrement futés. Ils sont là pour donner une info. Point. On ne s’attend pas à ce qu’ils prennent des mesures vis-à vis des événements qu’ils décrivent. Au contraire, chez nombre de vrais devins des sociétés traditionnelles il y a une certaine part d'"interprétation" dans ce qu'ils prédisent, quelle que soit la méthode de divination utilisée. En plus, on attend d'eux non seulement qu'ils vous livrent l'info brute, mais aussi qu'ils donnent des conseils, non mais!

F- Les guérisseurs

Il y a deux types de guérisseurs :

1- Ceux qui guérissent par un don spécial, psychique, religieux, l’imposition des mains etc… Il s’agit souvent d’une jeune fille un peu simplette qui devient la copine du héros et/ou trouve tragiquement la mort. Son don est souvent héréditaire (voir ici les problèmes des dons héréditaires ou autres). Si vous choisissez cette voie, faites en sorte qu’elle soit cohérente avec le reste. Je me rappelle avoir lu un ou deux pulps des années 50-70 où il y avait une lignée de vierges héréditaires dans un univers moyenâgeux (en plus elles perdaient leur don avec leur virginité). L'auteur n'avait pas jugé utile de fournir une explication sur leur mode de reproduction.

Il faut sérieusement réfléchir à l’étendue de ses pouvoirs : peut-elle faire repousser des membres façon Cian dans Lanfeust ? Ressusciter les morts ? A quoi peut ressembler le village où elle vit, alors ? Y a-t-il une longue queue de gens à sa porte ? A-t-elle encore le temps de conter fleurette à son héros ? Le général d’une armée ne l’a pas encore kidnappée pour réparer ses soldats blessés après chaque bataille ?

2- Ceux qui guérissent par les plantes. Il s’agit typiquement d’une matrone respectable, voire une vieille femme.

Il y a aussi le modèle mixte : la jeune fille un peu simplette qui guérit par les plantes, pour faire écolo, féministe et « réaliste », mais elle pose, justement, un gros problème de vraisemblance.

Dans la vie réelle, être un guérisseur traditionnel, prenait facilement 5 à 10 ans. Bref, une fois votre diplôme en poche, vous n’étiez déjà plus si jeune, donc effectivement, le modèle matrone est plus vraisemblable. Vous deviez typiquement apprendre par cœur des centaines de recettes, sans compter les symptômes des maladies, la description des plantes etc… au risque d’empoisonner vos patients. Attention, je ne parle pas de l’Europe du Moyen-Age, où le job était presque clandestin, voire passible du bûcher. Dans ces conditions, il n’y avait pas vraiment de formation reconnue, au fond, n’importe quel charlatan pouvait se prétendre guérisseur.

D’autre part, si la fonction de guérisseur a une forte connotation religieuse dans votre monde, il risque, comme le prêtre, d’être astreint à tellement de tabous et rituels que le job ne sera plus drôle du tout. Entre parenthèses, si vous collez des tabous à vos sorciers, il faut qu’ils soient en cohérence avec le système de pensée que vous avez instauré et pas complètement idiot aux yeux du lecteur moyen (cf. l’exemple des vierges héréditaires plus haut).

Si votre métier est de soigner les gens, vous vous retrouvez confronté non seulement à des aspects peu ragoutants du corps humain, mais aussi à la souffrance, la mort, les tensions familiales, les conflits… Bref, un job qui demande un minimum de maturité.

Et n’oubliez pas le plus intéressant : un guérisseur par les plantes en sait forcément un rayon sur les poisons. C’est le coté obscur…

Que ce soient les devins ou les guérisseurs, ils risquent d'avoir dans leur société, une énorme influence, surtout s'ils sont reconnus compétents dans leur job. De nombreux chefs de guerre ne partaient pas en expédition sans s'être assuré de l'"aval" du devin, sinon leurs hommes risquaient de s'enfuir à la première difficulté! Cet ascendant se voit rarement en fantasy, sauf pour les grads vieillards à barbe blanche façon Merlin.

Enfin, ces deux catégories de sorciers ne semblent aider, la plupart du temps, que les gentils. Les méchants, malgré leur fortune, leur pouvoir et leur charisme, soit n'en ont pas besoin, soit n'y pensent pas. Grossière erreur!

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Les Scènes d'amour en Fantasy: introduction

Il y a relativement peu de scènes explicites en fantasy classique. Heureusement, car j’ai tendance à sauter ces passages à la lecture. Pourquoi ? Parce qu’ils me font presque toujours sortir de l'histoire. Imaginez : vous êtes plongé dans un univers dépaysant, incroyable, différent, et dès que vous tombez sur une scène de sexe, on dirait que les persos sont des petits bourgeois des années 70 ou des acteurs de film porno, sans imagination, de surcroit. De plus, la scène s’intègre rarement dans le récit. Elle tombe comme un cheveu sur la soupe. Vous avez l’impression qu’elle est là pour remplir un cahier des charges précis et faire vendre le livre, plutôt que pour apporter quelque chose à l’histoire. Surtout en fantasy américaine. Ce problème n’est pas spécifique à la fantasy. C’est aussi le cas de la plus grande partie de la littérature populaire et des romans historiques. La SF reste encore une exception (tout juste).

Les allusions sexuelles sont arrivées en fantasy avec le pulp. Le sexe, on le sait, fait vendre, d’autant plus que ces magazines visaient tout particulièrement les ados et YA mâles. Avec les années 60, les pulps sont devenus de plus en plus explicites avec des scènes qui ne sont pas sans rappeler les romances et bitlit modernes, comme dans l'inénarrable série "Blade".

Avec les années 60, les scènes explicites et les interrogations de l’époque entrent également dans la fantasy comme dans la SF et les autres genres littéraires. Les scènes cadrent bien avec l’histoire et reflètent parfois une vision féministe, comme dans les romans de Marion Zimmer Bradley ou Tanith Lee.

Mais dans les années 90, tout change. Àmha, le problème a été paradoxalement l’arrivée des femmes dans le lectorat de fantasy aux US et l’apparition d’auteures qui ont commencé à mêler fantasy et romance. Quel intérêt ? Là, il faut voir l’histoire de la romance : du milieu des années 70 à la fin des années 80, la vogue est aux « bodice rippers », des récits historiques avec des scènes de sexe qui dans la vie réelle seraient qualifiées de viols et des héroïnes virginales qui saignent des torrents d’hémoglobine (voir Kathleen Woodiwiss, par exemple). De même, pour les romances situées dans le monde moderne on a une héroïne toujours virginale confrontée à un héros dominateur. Les histoires de sheiks qui kidnappent de pauvres blondinettes occidentales font encore un tabac. C’était avant 2001… Bref, 50 Shades of Grey n'a strictement rien de révolutionnaire.

Cependant, au début des années 90, la nouvelle génération de lectrices de romance qui lit aussi de la fantasy est blasée. Les histoires de ce genre sont devenues des clichés éculés. Du coup, les héroïnes des romans qui se passent dans le monde réel deviennent un peu plus diplômées et un peu moins tartes. D’un autre coté, il y a encore un marché pour le fantasme du mâle dominateur. Alors comment concilier héros phallocrate et héroïne faible sans retomber dans le bodice ripper ? Les faire évoluer dans un univers totalement imaginaire ! De plus, on peut se permettre quelques originalités coté sexe (pas trop quand même), décor et intrigue. Ainsi sortent « Crystal Flame » et « Sweet Starfire » (1986) de Jayne Ann Krentz, puis l’inénarrable « Warrior’s Woman » (1990) de Johanna Lindsey. Et après, tout le monde suit. Du coup, depuis cette époque, le canon de la scène de sexe, s’est standardisé sur la romance, même chez des écrivains comme David Gemmell !

Enfin, une bonne partie de la bitlit est tout simplement de la romance déguisée, à commencer par "Twilight". Pourquoi ce glissement? Parce que ça fait moins nunuche pour une lectrice de dire qu'elle lit de la SFF que de dire qu'elle lit de la romance! Pour les scènes, on revient presque aux pulps machos des années 60-70, sans compter le pur porno. Confusion des genres? http://www.businessinsider.com/monster-porn-amazon-crackdown-sex-fantasy-bigfoot-2013-12

Comme je l’ai déjà dit au départ, malgré la quantité de scènes hot qu’on trouve dans certains récits, elles sont rarement originales. Le manuel d’éducation sexuelle pour couples mariés recommandé par ma paroisse serait sans doute plus croustillant, que ce soit pour les positions ou les explications techniques. À croire que les auteurs, ont mis un point d’honneur à NE PAS se documenter sur la question, surtout les américains.

Paradoxalement, le sexe en tant que symbole exprime rarement quelque chose de positif en fantasy. J’irais même jusqu'à dire en lit pop en général. Encore que je ne saurais donner un avis sur la littérature érotique, pour laquelle j’avoue humblement mon manque d’expérience ! Même en romance, les auteures prennent grand soin de minimiser son importance en insistant que ce qui compte, ce n’est pas le sexe, mais l’Amouour. Du coup, on se demande pourquoi elles ont pris la peine d’en mettre autant… Mais bon, c’est de la romance. Une première exception : le manga. Il doit y avoir une explication culturelle, sans doute, mais ça me dépasse. Une deuxième:la romance gay. Là, j’avoue que je n’ai pas d’explication claire. Une troisième exception: les romances vraiment anciennes genre Elinor Glyn ou Barbara Cartland. Vous l'auriez pas cru, hein? On dirait presque que moins c'est explicite, plus c'est positif. Ça demande une analyse psychanalytique en soi!

Alors si le sexe n’exprime pas quelque chose de positif, en lit pop moderne, qu’exprime-t-il? Bien souvent le danger. Des tartines ont été écrites sur Dracula et les vampires romantiques depuis « Twilight ». Dans nombre de romances modernes, l’héroïne passe encore beaucoup de temps à se demander si le héros ne va pas la violer (ou la manger en version vampire). Les autres significations symboliques sont, sans surprise, la confrontation et le rapport de force. Qui a dit "faites l'amour, pas la guerre"? En fantasy, c'est souvent la même chose.

 

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Les Clichés cachés: le mage/sorcier deuxième partie

C- L’idéologie

Dans la vie réelle, les sorciers entretenaient toujours des rapports étroits avec une quelconque religion/idéologie. Souvent, ils étaient prêtres. Dans les religions chrétiennes, c’étaient simple, ils étaient à l’opposé. Les alchimistes cultivaient des visions philosophiques et religieuses complexes. C’est un aspect qu’on a tendance à oublier totalement dans notre monde moderne où on ne croit plus en rien, mais c’est capital pour la cohérence de votre récit : qu’est-ce les empêche d’utiliser leur pouvoir à mauvais escient, par exemple ? Pourquoi ne dominent-ils pas leur société ? Quelles sont leur vues sur la politique du moment ? S’en mèlent-ils volontiers ? On-t-ils au contraire des règles qui les empêchent de le faire ? Bref, quelle est la position de l'idéologie locale sur les sorciers et quelle est la positions des sorciers sur l'idéologie locale?

Attention si vous utilisez les termes de magie blanche et magie noire. Il va falloir les expliquer. Sûr, dans les années 80, on pouvait simplement parler du coté obscur de la Force, mais même chez Lucas, les persos sont capables d'osciller entre les 2. Avez-vous des définitions précises? C’est là que ça se complique. Si le coté obscur est le coté destructeur, est-il acceptable de l’utiliser pour détruire un méchant ? Pour permettre une renaissance ? Ben oui, la destruction fait partie du cycle de la vie, tout comme la construction dans de nombreuses cultures, alors il faut que quelqu’un fasse le sale boulot !

Comment perçoivent-ils leur supériorité et/ou leur différence ? Vivent-ils à part ? Ont-ils la même attitude vis-à-vis des problèmes de l’existence, genre la mort, que Mr Tout le Monde ? S’ils sont immortels ou dotés d’une longévité exceptionnelle, ont-il l’expérience qui va avec ? Sont-ils blasés ? Ou alors, ont-ils passé des siècles à vivre dans une tour d’ivoire ?

D- Les prêtres

Cette sous-catégorie de sorciers comporte àmha un peu plus de femmes que d’hommes. On oscille entre la « femme forte » et la vierge consacrée objet de fantasmes (voire l’inverse, façon Phèdre dans « Kushiel’s Dart »), suivant l’époque et le style de l’histoire. D’abord, il va falloir sérieusement définir votre religion, en plus de votre système de magie. Est-ce la même chose ou s’opposent-elles comme au Moyen-Age ? Quel degré de visibilité allez-vous attribuer à sa divinité ? Va-t-elle apparaitre physiquement ? A travers des visions ? Pas du tout ?

Ensuite, il va falloir encore une fois savoir comment votre prêtre en est arrivé là. Le sacerdoce est-il pour lui un job ou une vocation ? Est-ce une fonction héréditaire (ben oui, même chez les prêtres catho, le célibat n’est devenu un standard qu’au milieu du 11ème siècle) ? Forment-ils un groupe homogène ? Y a-t-il une hiérarchie ?

Enfin, un prêtre à tendance à respirer, manger, boire, dormir, bref, vivre en fonction de sa religion. Le choix de ses vêtements, son alimentation, son vocabulaire, son emploi du temps en dépendent, alors il va falloir y penser. Y-a-t-il des divergences théologiques ? Des savoirs interdits ? Que pense-t-il des choses qui ne collent pas avec sa religion ? Et y en-a-t-il dans votre monde ? A-t-il peur de la mort? Quels sont ses projets pour l'au-delà? Ça a de l'importance, parce que ça peut le motiver à risquer sa peau bien plus que n'importe quel perso de l'histoire, voire se sacrifier.
S'il part en quête avec son héros, qui va s'occuper de son temple/paroisse/feu sacré en son absence?

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Les Clichés cachés: le mage/sorcier, première partie

Je comptais parler de plusieurs personnages, mais au fur et à mesure que j’écrivais, je me suis rendue compte que les mages en fantasy méritaient un chapitre, voire trois, à eux tous seuls. Je parlerai ici du mage "gentil", bien que beaucoup de choses s'appliquent aussi au mage « méchant ». C’est le perso le plus difficile à réussir car de par sa fonction, il nécessite une personnalité complexe. Il possède un énorme potentiel, rarement exploité.

Avant de vous lancer dans la fabrication d’un mage, vous devez d’abord définir clairement la façon dont la magie fonctionne dans votre univers, car cela conditionnera beaucoup de chose en ce qui concerne sa personnalité.

 

A- Les différents types de mage

 

La plupart appartiennent à l’un des deux modèles :

1- L’individu placé hors de la société: soit le marginal rejeté, soit, au mieux, un homme vivant à part et venant en « visiteur ». C’est l'image classique du vieux à la longue chevelure et à la barbe blanche, façon Gandalf (s’il est méchant, il peut se permettre d’être chauve et glabre, voire venir d’un pays exotique). Il est célibataire sans enfants, ni petits-enfants et semble très heureux de vivre en sa propre compagnie. S’il est bienveillant, ce mage est généralement un personnage secondaire qui aide le héros, bien que ses motivations ne soient pas toujours claires.

Remarque : les motivations des mages méchants ne sont pas toujours claires non plus, cf l’article sur les méchants ici http://merveilles1.over-blog.com/comment-faire-un-méchant-non-stéréotypé . De plus, si votre mage méchant est réellement intelligent, il doit réaliser qu’il va non seulement se retrouver confronté au gentil chevalier, mais a son copain mage. Et si le méchant est toujours intelligent, il doit savoir que le copain mage n’est pas un manche en sorcellerie. La preuve: il finit par gagner.

Question : quel genre d’individu serait heureux de vivre en marginal, sans famille et aider bénévolement un héros dans sa quête ? Qu’est-ce qui l’a poussé à ce choix de carrière ? Si vous voulez avoir un mage crédible, il va falloir répondre…

2- L’autre modèle est un individu socialement intégré, apprenti ou mage débutant, qui est souvent le héros lui-même, façon Harry Potter. Cela a non seulement des implications sur le mode de fonctionnement de la magie, mais aussi sur celui de la société que vous allez inventer. Combien y-a-t-il de sorciers/mages par rapport à la population générale ? Quel est leur rôle ? Est-ce un corps de métier courant, comme par exemple, les forgerons au Moyen-Age ou une élite rare ? Font-ils partie de la classe dirigeante ? Si la réponse à cette question est « non », on peut raisonnablement prédire que ce sera un métier très réglementé. Aucune société durable ne vous laissera faire des expériences d’alchimie potentiellement explosives ou conjurer des démons au beau milieu d’une zone habitée. Vous devrez passer des examens pour prouver que vous êtes minimalement compétent (il parait que même les druides en avaient), prouver que vous avez une bonne moralité, soumettre votre lieu de travail à des inspections régulières, voire… payer une taxe professionnelle. Là, c'est sûr, le job n’a plus rien de glamour.

Et ce n’est que le début. Il y a d’autres questions : quel est le revenu moyen d’un mage par rapport au reste de la population ? Comment combinent-ils famille et travail ? Etc…

 

Enfin, si le mage est de sexe féminin, elle se spécialise le plus souvent dans deux activités : la voyance et la guérison qui méritent un chapitre à eux tous seuls.

 

Pour ceux qui ont du mal à imaginer un mage en train de se plier à des contraintes aussi triviales, je répondrais que les sorciers traditionnels, dans les sociétés où il y en avait, devaient généralement passer par des années d'apprentissage (entre 5 et 10, bien souvent), se plier à toute une série de rituels quotidiens et surtout de tabous jusqu'à la fin de leurs jours. Non, en vrai comme en fantasy, sorcier, c'est un job où on ne rigole pas souvent.

B- Comment en sont-ils arrivés là ?

Il y a grossièrement trois façons de devenir mage, en fantasy :

- Avoir un don spécial

- Parvenir à maitriser son art après des études longues et ardues

- Les deux à la fois

Le don, obtenu à la naissance, qui est sensé vous éviter de donner trop d’explications sur la magie et les études est en fait une façon d’affaiblir considérablement la crédibilité de votre personnage: imaginez que vous ayez un don, genre, vous avez l’oreille musicale. Allez-vous forcément devenir musicien ou compositeur ? Peut-être que vos goûts personnels et l’ambition de votre famille vous poussent vers tout autre chose ? Alors pourquoi tous les individus de fantasy avec un "don" finissent-ils mage, comme Pug ? Les a-t-on prévenus au départ que c'était un job difficile et dangereux?

De plus, les mages sont généralement définis comme ayant un "caractère fort" (un autre cliché, mais c'est pour une autre fois). Alors, avec un tel caractère, accepterez-vous qu’on vous impose un choix de carrière quel qu’il soit ?

L'autre problème en fantasy est que ce don semble toujours échoir à un individu intelligent. Or, pour reprendre mon exemple de la vie réelle, un imbécile (quel que soit le sens que vous donniez à ce mot) peut parfaitement avoir l'oreille musicale. Alors existe-t'il des mages désespérément stupides? Je dirais oui, mais pas volontairement crées comme tels par leur auteur...

Et surtout, ce n’est pas tout d’avoir un don. Il faut généralement le combiner avec plusieurs autres pour avoir des résultats. Et même avec la bonne combinaison, il faudra trimer comme un fou pour apprendre son métier (demandez-donc à un musicien professionnel), donc renoncer à de nombreuses soirées entre copains. Quel genre d’individu acceptera une telle contrainte dès son jeune âge ? Oui, vous avez deviné: un qui ne rigole pas. Peut-être littéralement. Au mieux, il risque d’être un accro du boulot. Au pire, il sera franchement tordu.

Moralité: evitez les dons de naissance. Si vous voulez mettre un don, faites en sorte qu'ils soit obtenu d'une divinité ou autre instance supérieure.

 

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Ecrire les scènes de combat en Fantasy: travail préparatoire

Premièrement, attendez-vous à écrire plusieurs version de votre scène, voire écrivez votre scène non seulement en plusieurs versions, mais de plusieurs points de vue, pour voir celle qui sera la meilleure.

Deuxièmement, demandez-vous pourquoi vous allez suer sang et eau pour écrire une scène de combat: va-t-elle faire avancer votre intrigue? Donner une info capitale? Ou assouvir vos fantasmes? Dans le même ordre d'idée, quels sont les enjeux? Est-une bagarre "rituelle" entre deux mâles? Du sport? Un combat à mort? Les enjeux ont-ils la même importance pour tous les protagonistes?

Troisièmement, renseignez-vous un minimum sur les techniques de combat, allez sur les forums, lisez sur les armes que vous comptez utiliser. Regardez les démonstrations sur Youtube, regardez vos films d'action préférés. Lisez les grands spécialistes du genre comme Gemmell, RA Salvatore ou Louis Lamour (c'est du Western, donc beaucoup de bagarres à coup de poings). Comment ça, c'est niveau cour de récré? Qui a dit que les bagarres, c'était intello?

Pensez à vos propres expériences de la violence SI ELLES NE VOUS TRAUMATISENT PAS.

Quatrièmement, vous allez devoir faire une série de choix:

- Votre scène va-t-elle être réaliste? Totalement irréaliste? Entre les 2?

- Allez-vous l'écrire sur un ton clinique, épique, imagé ou gore? Le ton va-t-il être différent du reste de votre roman?

- Allez-vous utiliser un point de vue interne à l'un des combattants, à un témoin, omniscient ou les alterner?

Cinquièmement, vous allez définir votre décor : large? Etroit (si le combat a lieu à l'épée, les protagonistes ont-ils la place pour dégainer?)? Obstacles? Eclairage? Sol accidenté, glissant ou autre?

Sixièmement, vous allez définir vos costumes: armures? Robe-fourreau et talons hauts?

Enfin septièmement, vous allez définir l'état d'esprit des combattants et leur motivations. Si c'est un mercenaire barbare, c'est peut-être son activité quotidienne et il sera plus relax que, disons un prince qui se bat essentiellement pour le sport, mais rarement pour défendre sa vie. De même, s'ils sont plusieurs à attaquer un individu, ils ne vont pas être aussi stressés que si c'est un duel. Une chose qu'on oublie très souvent dans les romans de fantasy, c'est les croyances en l'au-delà: si vous êtes un guerrier Viking et vous êtes sur que si vous êtes tué, vous allez directement vous assoir à la table d'Odin, vous serez plus prêt à prendre des risques que si vous êtes totalement athée.

Après toute cette préparation, on peut commencer à écrire la scène proprement dite!

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Ecrire des scènes de combat en Fantasy: introduction

Jusqu'au 20 ème siècle et l'arrivée du cinéma, les descriptions détaillées des combats, duels et autres étaient rares. RE Howard était un fana de boxe (sport très à la mode aux US à l'époque) et F Leiber d'escrime, cependant, ni l'un ni l'autre n'ont jugé utile de faire des descriptions détaillées dans leurs romans. À l'époque, avant les cascades minutieuses et les effets numériques, voir les premiers films d'action de Douglas Fairbanks devait être quelque chose! J'ajoute que la plupart des spectateurs et lecteurs avaient au moins une vague idée de ce que c'était qu'un combat: les bagarres entre gamins étaient considérées comme normales et la plupart des hommes avaient eu, ou allaient avoir l'expérience d'une guerre mondiale. Après, avec l'arrivée du cinéma et de la BD, le roman a inclus nombre de bagarres diverses dans sa trame. Cela faisait même partie du cahier des charges de certains pulps (gangsters, espionnage...). Actuellement, il y a relativement peu de ce genre de scène en fantasy, àmha pour 4 raisons:

- les auteurs et le public s'est féminisé

- le genre est devenu un peu intello

- on préfère les sorciers aux guerriers

- Elles sont terriblement difficiles à écrire, d'autant plus que de nos jours, en Occident, on a quand même peu l'habitude de la castagne. Paradoxalement, la tendance est à un certain réalisme alors qu'au cinéma, c'est la surenchère.

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Les arrière-grand-pères de la Fantasy

George Macdonald (1824-1905)

William Morris (1834-1896)

Eric Rucker Eddison (1882-1945)

Et surtout:

Edward Plunkett Lord Dunsany (1878-1957)

Et accesoirement:

Henry Ridder Haggard, Arthur Conan Doyle (OK, ils ne faisaient pas, techniquement, dans la fantasy mais ils ont inventé plein de thèmes qui vont y rentrer très vite, genre les civilisations perdues, les trésors et les artéfacts magiques).

Ces noms ne diront sans doute rien à la plupart des lecteurs francophones, ne serait-ce que parce qu’ils ont été peu été traduits en Français. Ils ont, pour certain un style précieux qui ne passe pas pour le lecteur moderne. C’est dommage car ils ont été une source d’inspiration pour les auteurs anglophones jusqu’à Neil Gaiman.

On dit qu’ils ont commencé à écrire en réaction au matérialisme ambiant du 19ème (dont nous, on est nostalgique dans le style steampunk, les gens ne sont jamais contents de ce qu’ils ont etc…). C’est vrai que à l’époque, on écrivait plutôt des romans sociaux, historiques, technologiques (genre Jules Vernes) ou coloniaux. Cependant, les britanniques n’ont jamais pu complètement oublier la part de rêve dans leur littérature depuis le romantisme. Le retour aux vielles légendes se fait dans d’autres styles (pensez à l’Or du Rhin de Wagner). En France, on est trop sérieux pour rêver. À la rigueur, on peut faire un peu de fantastique (Théophile Gauthier) mais des légendes... Il y a aussi des symbolistes, des poètes genre Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Leconte de Lisle. Bref, ça reste un peu en marge. À ce propos, je me suis toujours demandée si le fait que Baudelaire et Verlaine aient été belges et Leconte de Lisle réunionnais ne leur a pas ouvert des horizons, justement.

La plupart de ces écrivains sont riches ou "à l'aise" et très bien éduqués. Ils ont eu une vie bien remplie. Dunsany, Haggard et Doyle ont aussi beaucoup voyagé, voire vécu des aventures presque aussi trépidantes que celles de leurs héros. Contrairement aux clichés habituels, ce ne sont pas des gens qui rêvent dans leur bureau et marchent à «l’imagination pure ». Leurs mondes imaginaires reposent sur des expériences concrètes. D’ailleurs, Dunsany ou Macdonald ont un coté satirique ou humoristique où l’on sent bien le « vécu » des interactions humaines. Ils sont au courant des fouilles archéologiques. A lire certaines histoires, on peu presque s’imaginer déambuler au British Museum. Ils ne s’adressent pas au lecteur complètement ignare. Plutôt quelqu’un qui a le gout de la lecture et qui va au musée de temps en temps. Bref, une lecture d'intello!

Ils ramènent les vieilles légendes oubliées, « poussièreuses » au gout du jour. Ils ont ressortis de nombreux « prototypes » qui nous semblent désuets dans leur forme, mais ont été maintes fois repris depuis : si vous lisez l’anglais, allez lire l’histoire de la louve-garou de Macdonald (Grey Wolf). Et l’Epée de Welleran de Dunsany a déjà un petit coté Stormbringer. En passant, ils ont écrit beaucoup de nouvelles. Attention: elles ne correspondent pas forcément aux canons dont on nous rabat les oreilles, il n'y a pas forcément de "cheminement du héros" façon Hollywood et ça ne se termine pas toujours bien.

En plus, ils sont dans le domaine public !

A télécharger par exemple à :

http://manybooks.net/authors/dunsany.html

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Où Trouver un canevas de récit un peu original 2?

Bon, là, je ne vais pas parler d'originalité, mais de très, très vieilles recettes. Du genre qui remontent littéralement à la nuit des temps. Si vous avez envie de répondre à un appel à texte fantasy, romance ou polar, mais vous êtes désespérément à court d'idée: les contes de fée. Je n'ai pas dit "cheminement du héros" style Hollywood, mais contes de fées. Si, si, si.

Prenez l'exemple de "Blanche Neige et les Sept Nains" et oubliez Disney. Après tout, c'est un conte traditionnel qui existait bien avant le dessin animé. Alors oubliez les lapins et les faons mignons, l'horrible reine et les nains rigolos. Déjà, la version que moi j'ai appris dans l'enfance ne comportait pas de nains. Ils étaient remplacés par sept chevaliers. Ça ouvre des perspectives, non? Et si vos nains ne sont pas des nains façon Disney, mais façon Tolkien, un peu comme dans "Blanche-Neige et le Chasseur"? d'ailleurs, ont-ils besoin d'être des nains ou d'être exactement sept? On-t-ils besoin d'être de sexe masculin, et en général, on-ils besoin d'être humains, ou capable d'agir? Et Blanche-Neige a-t-elle besoin d'être une fille, brune de surcroit?

En gros, la structure de l'histoire est: pour un motif X ou Y, un ou une héroïne jeune est vulnérable est victime d'une tentative d'assassinat par le méchant ou envoyée à sa mort dans un endroit hostile. Contre toute attente, il/elle survit (et acquiert des connaissance importantes dans le processus), voire reçoit une aide inattendue. Cette survie contre toute attente permet en plus d'accrocher un autre thème cher aux scénaristes hollywoodiens: la fausse mort/renaissance, comme la mort/résurrection biblique du Christ. Après, la suite diffère si votre personnage principal est un garçon ou une fille:

- si c'est un garçon, il revient typiquement reprendre la place qui lui a été usurpée et se venger. Exemple: le Comte de Monte-Christo et nombre de mystérieux étrangers de western. Il peut également trouver une nouvelle place dans l'endroit hostile, qui n'est finalement pas si hostile, à la réflexion ex: Dune de Franck Herbert (je sais, je simplifie un max...)

- si c'est une fille, pas de surprise, elle se fait bêtement pièger par le méchant et est sauvée in-extremis par son copain, façon Blanche-Neige, mais rien en vous empêche de lui faire faire quelque chose d'un peu plus compliqué, voire lui faire vivre les mêmes aventures qu'un garçon.

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Ecrire des scènes de combat en Fantasy: quelques aspects

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Non, les écrivains de langue anglaise ne sont pas tous américains!

Ça y est, j’ai encore discuté avec quelqu'un qui était convaincu que Terry Pratchett était américain. Désolée, non. Pas plus que JRR Tolkien, Neil Gaiman ou Joe Abercrombie.

Essayez d’aller sur les sites US ou UK de Amazon, et vous verrez le nombre d’auteurs de SFF qu’ils présentent. Sur le lot, seulement une poignée (généralement les meilleurs) sont traduits en français.

Du coup, je me permets mon grain de sel perso sur la différence entre les écrivains de fantasy british et US depuis ces 20 dernières années :

Les américains, à quelques exceptions, sont définitivement attachés au cheminement du héros (même quand c'est un antihéros, à priori), l’émotion et les relations entre les personnages. Leurs persos sont un poil bavards, même lorsqu’ils sont sensés être taciturnes. Ils pensent comme des individus modernes. Il est beaucoup question de traumas de l’enfance et des obsessions qu’on trouve dans le reste de la culture populaire US (religion, sexe, problèmes raciaux…). Il y a une vision encore assez positive de la violence dans les descriptions. Le style est facile à lire et assez homogène d'un écrivain à l'autre. Ça donne des histoires carrées, faciles à comprendre, sans prise de tête. Ça donne aussi parfois des scènes vraiment épiques, romantiques ou visuellement spectaculaires à vous couper le souffle.

Les Brits ont des intrigues plus baroques, pleines de références historiques, littéraires, ou cinématographiques (Pratchett en fait carrément un ressort de ses ouvrages). Ils ont un style moins lisse, moins facile à lire, plus individuel. De plus, ce sont souvent des fanas d’histoire. S’il y a la description d’une épée, vous pouvez être sûr qu’un modèle semblable a réellement existé. Comme dans leurs films, ils ont le goût du détail réaliste, voire gore : vous sentez les 20kg de la cotte de mailles sur vos épaules, vous savez réellement quel effet ça fait d’attendre la charge de milliers de cavaliers vociférants et à quoi ressemble un homme à qui on vient d'ouvrir le ventre d'un coup de hache. Les persos sont moins lisses, plus réalistes, voire franchement tordus. Les auteurs prennent le risque de surprendre ou déstabiliser le lecteur.

Les canadiens (Guy Gavriel Kay) et les australiens (Garth Nix) sont entre les deux.

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Où Trouver un canevas de récit un peu original?

 

Avez-vous regardé quelques films "chinois" à grand spectacle sortis en Occident, genre "Tigre et Dragon" ou "le secret des poignards volants"? Est-il question du "cheminement du Héros" cher aux scénaristes US? D'ailleurs, y a-t-il un héros? Sort-il grandi de l'histoire?

S'il y a un héros, il a beaucoup moins de proéminence que dans un film hollywoodien. Et il sort parfois grandi de l'histoire, mais pas à l'occidentale. Les chinois n'hésitent pas à trucider le héros. Autre particularité: la fin est souvent ouverte. Cependant, ce sont des histoires bien construites, qui s'articulent bien.

Alors sur quoi reposent-elles? Sur une idée, voire une morale. Chaque personnage ou relation entre les personnages en développant un aspect.

- "Tigre et Dragon" sur la futilité des conventions sociales et l'ambition personnelle, versus les joies simples de l'existence, l'amour et l'amitié.

- "Le secret des poignards volants" sur les illusions et les faux semblants (surtout politiques)

- "La Cité interdite", mêle de nombreux thèmes, mais le principal est àmha, la famille, avec l'opposition entre la famille impériale, complètement dysfonctionnelle dès le début et l'image idéalisée que l'empereur veut montrer.

Comme il y a plusieurs persos qui déclinent l'idée ou les idées principales de façon différente, ça peut donner des histoire intéressantes et complexes. C'est aussi le genre d' histoire que j'essaye d'écrire avec plus ou moins de succès, alors je suis bien contente d'avoir trouvé un modèle un peu original.

Enfin, il faut lire, beaucoup et pas que de la SFF. C'est dur d'écrire sur la magie et une quête un peu originale, si vous n'avez jamais lu aucun bouquin de mythes, légendes, contes etc... De plus, je crains d'avoir à le dire tout net: ne lire que du français limite sérieusement vos sources d'inspiration. Encore une fois, les traductions de romans étrangers (et surtout anglo-saxons) ne représentent qu'une quantité infinitésimale des textes publiés dans le monde (y compris en anglais).. De plus, ils sont souvent mal traduits et ce ne sont pas toujours les meilleurs (c'est en particulier le cas d'un autre genre: la romance). Or, les auteurs "anciens" du style Lord Dunsany, rarement traduits en français et au style un peu vieillot inspirent toujours les écrivains anglophones modernes. Beaucoup de leurs canevas d'histoire viennent de romans populaires hors SFF. Exemple en SF: certains livres de la série Vorkosigan de Mac Masters Bujold et les romances ruritaniennes de la fin du 19ème siècle. C'est quoi une romance ruritanienne? On a un exemple français célèbre: Le sceptre d'Ottokar par Hergé. Bref, les idées n'apparaissent pas par magie. 

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